Au Commencement – Paul Meursanges

Au Commencement

Au commencement était le souffle, le souffle des mots
De ta bouche à la mienne, un zéphyr en caverne
Au commencement était le souffle qui sème tempête
Qui assèche la terre meuble et rend stérile
Au commencement de la fin

Duos de flûte et de basson, les arpèges du regret
Chantonnent à leur façon les basses obstinées
En adagio cantabile, le motif console
De la fugue qui s’enfuit en contrepoint d’orgue
L’accord parfait esquissé

Qui dira l’érosion des déserts par les vents incessants
Qui dira le brûlant sable des marchands
Qui dira le froid des chaleurs agonisantes quand
La voûte des étoiles contemple la nudité des regs
Dans un silence enfin ressuscité

Qui m’a dit la pierre, qui m’a dit la fleur, qui m’a dit l’oiseau
Aux quatre temps du monde, fendant la seconde
Qui m’a dit le sang, qui m’a dit les larmes, qui m’a dit la chute
Aux quatre évangiles des songes qui me sondent
Le livre déjà fermé

Au commencement sera ton rire, ton rire à demi mot
De ta joie la mienne, qui en toi demeure
Au commencement sera le rire qui éclate en torrent
Pour que l’eau vive à jamais gonfle les gerçures
Qui cicatrisent l’enfant.

©Paul Meursanges

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Paul Meursanges

Paul Meursanges (2)

“Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent.” Churchill
Je sais ce que le vent fait des herbes folles, il les courbe, les caresse, les couche sur la terre meuble, la terre humide et pleine, les étire jusqu’à ce que la plastique même de leur structure se tendent vers un infini que le soleil va faire croître en les jaunissant. Puis elles deviendront sèches et cassantes.
Celles qui ont la chance d’être épi de blé donneront aux hommes leur pain et l’espérance d’autres épis de blé. Celles qui sont herbes sauvages paieront leur rébellion au prix fort. L’impitoyable de la nature à peu à faire du regard qu’on lui porte. Tout au plus la bise dernière mord un peu plus fort.
Tout se pense alors segment. Il se faut voir et comprendre soi même dans les segments. Segments des âges et des convenances. Au temps qui martèle sa loi des comportements, notre liberté se réduit au refus.

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Invité
29 octobre 2018 23 h 56 min

Beaucoup de questionnements dans ce texte riche en images poétiques.
Le zéphyr en caverne m’a beaucoup plu, la fugue qui s’enfuit aussi, le froid des chaleurs agonisantes est une trouvaille.
On sent un souffle puissant mais doux balayer votre univers pour mieux le faire renaître d une autre façon.
Très beau .
Une puissante délicatesse et une très jolie dernière strophe.

Invité
29 octobre 2018 19 h 17 min

Très beau, merci pour le partage, bonne soirée.

Christian Satgé
Membre
29 octobre 2018 6 h 27 min

Un fort beau texte. Bravo t merci pour ce partage.

Fattoum Abidi
Membre
29 octobre 2018 0 h 20 min

Bravo Paul des mots, des émotions et des sentences qui s’entrelacent pour nous décrire vos émois avec des vers poétiques , j’ai aimé ma lecture merci

O Delloly
Membre
28 octobre 2018 22 h 40 min

pour un commencement… c’est très réussi. Une jolie plume
un thème récurrent bien composé. bravos à Vous
O