Que sont mes amis devenus ?  Amis de toujours (début) – Autobio Tome LIX – Jean-Marie Audrain

LIX – Que sont mes amis devenus ?  Amis de toujours (début)

Une légende me suivait ici et là. Elle prétendait que je ne me déplaçais jamais avec moins de 15 amis autour de moi. Il est vrai que j’aimais m’entourer d’amis hétérogènes, les uns originaux par prétention, les autres marginaux par conviction. Je n’ai aucun souvenir de ma rencontre avec mes copains de toujours, des antoniens de pure souche. J’ai l’impression que je les ai accueilli dans ma vie le jour même ou Antony m’accueilli.

Je citerai en premier mon ami Thierry que j’ai dû connaître dès mes années de maternelle à l’école Sainte-Marie d’Antony. Séparé par nos années d’études, nous nous sommes retrouvés après l’année de mon baccalauréat au Comité d’Action Chrétienne. Nous partagions la majorité de nos samedis à courir les disquaires à Paris. La mort nous a séparé, hélas, bien trop tôt. Un fatal problème de cœur.

Dans les amis de toujours et de partout, on ne peut oublier Bruno souvent appelé par ses initiales BL. De son adolescence à aujourd’hui, Bruno n’a absolument pas changé. Dans la rue ou à Monoprix, c’est l’éternel barbu et chevelu avec un bonnet et un gros casque hifi sur les oreilles laissant émaner des sonorités irlandaises. Je parle du casque, pas des oreilles. On l’a souvent pris pour mon frère.

Je ne puis qu’évoquer les deux Michel : Michel l’alsacien qui a aménagé en même temps que moi dans la résidence Les Iris à Antony et Michel le polonais ami de la classe de Première à ce jour. Le premier était un talentueux tromboniste et trompettiste avec qui j’aimais jouer du blues ou du jazz, lui soufflant, moi pianotant sur mon Yamaha acajou chez mes parents. Je l’ai perdu de vue après qu’il ait déménagé pour Marseille où il obtint le premier prix de trombone au conservatoire du lieu avant de faire le tour du monde dans l’orchestre du cirque d’Arlette Gruss. Il me revint à l’occasion de son engament au cirque du Centre Astérix, ayant répondu à l’appel du retour au pays. Michel habite maintenant à Saintes mais monte régulièrement me visiter en deux de ses appels hebdomadaires.

Le second Michel fut déjà présenté dans mon chapitre sur mes années-Lycée. Ensemble, on chantait où que l’on soit, de la salle de classe à son auto. Souvenir inoubliable d’un parcours avec arrêt au feu rouge en plein centre-ville d’Antony au volant de son antique R12 turquoise avec sa maman Denise sur la banquette arrière qui écoutait avec nous la radio et chantait en tapotant de sa main sur la tôle du toit en regardant les automobilistes des autos voisines : « I love you ». En duo avec McCartney qui chantait Silly Love Song sur RTL… Nous nous perdîmes de vue à la suite d’une colonie de vacances que nous voulions musicales et que nous avions co-dirigée ensemble. Ce sont les réseaux sociaux qui ont permis nos retrouvailles trente printemps plus tard…Et lorsque j’ai joué à Michel l’une de mes nouvelles chansons sur son piano, il l’a entonnée comme si nous l’avions répétée la veille. Une complicité intacte.

Je compte dans mes amis de toujours mon homonyme en la personne de Jean-Marie Tellier. Je l’ai connu par le truchement de la diva de l’armée de Marie, Isabelle Augy. Nous aimions tout deux chanter, son idole était Johnny Halliday. Alors nous avons monté le groupe de Rock’n Roll Haddock avec pour Hymne Haddock’n Roll.  Dans la même verve, nous avons écrit chacun la moitié des couplets de la chanson Attention les yeux. Une histoire mortelle de drague sur un trottoir parisien. Puis Jean-Marie a du s’engager sous les drapeaux et s’est retrouvé gardien d’une gare à des kilomètres de toute âme qui vive. Sa maman m’appelait toutes les semaines pour me dire qu’elle se rongeait les sangs car son fiston déprimait.

Je n’ai plus eu de ses nouvelles pendant 40 ans, jusqu’à ce que j’en arrive à écrire la page de mon autobiographie sur Isabelle Augy et que je retrouve mon homonyme sur un réseau social ! Depuis nous nous écrivons tous les jours et il me narre son odyssée : des années de monastère, d’autres maritales et un final à plein temps d’une année dans les hôpitaux parisiens.

Il n’a pas perdu une once de son humour et de son attrait pour la chanson bien rythmée. Nous sommes en train de remonter Attention les yeux et de mettre en place de nouvelles chansons écrites conjointement. Bien évidemment Isabelle fut infirmée des retrouvailles, surtout que Jean-Marie a gardé dans sa tête et dans son cœur son image d’adorable jeune infirmière qui faisait craquer tous les cœurs masculins.

Dans le tome suivant, je vais compléter ces souvenirs d’amis de toujours avec quelques cas bien à part et, pourquoi pas, quelques amies de toujours, avec le même tunnel de la disparition mystérieuse temporaire.

 

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Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (333)

Né d'un père musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Jean-Marie TELLIER
Membre
2 février 2021 13 h 17 min

Très touché de ton amitié et des souvenirs de nos vingt ans. A très bientôt, cher homonyme ! …

Grant Marielle
Invité
1 février 2021 19 h 59 min

Très touchant ce texte, Jean-Marie ! Tu veux retrouver tes amis de jeunesse! Qu’y a t il de plus précieux que l’amitié et tous ces moments d’humanité partagés au fil de notre vie?