Risanà – Nguyen Thi Hon

C’est le gai rire du luron

Qui annihile les « Jurons ! »,

Râles d’Idéal des Raisons.

Guérir est-ce par dérision ?

Observe ! : cette mule

S’efforce et gesticule,

Se frustre, ridicule !

Sa raison sans recul

Dessert ce qu’elle adule.

« Esprit poussif» rit paon,

Gausse l’oie, basse-cour

À plume veule et court

Crâne. Ricanements.

Faisant gros œil, d’orgueil,

 

L’âne, battu d’un trait 

Bas, s’effondre et se tait : 

L’écueil est son cercueil.

Jouer une partition

N’est pas exécution.

L’humour rend la Raison

Vertueuse attraction.

Le mulet facétieux

Se rit des élogieux,

Fait fi des détracteurs,

Mais accepte une erreur 

Comme un amusement

Simple divertissant.

 

La blessure est minime

Aucune grise mine.

À la prochaine embûche,

Jamais il ne trébuche,

Élève sa Raison

À d’hospices frontons.

C’est le gai rire du luron :

Guérir par autodérision.

 

©Nguyen

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Nguyen Thi Minh Hon

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Je vis à Hanoi, au Viet Nam.
J'aime la richesse de la langue française, et jouer avec ses mots en poésie.

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Laurence de Koninck
Membre
15 septembre 2018 14 h 44 min

Ah oui, l’autodérision permet de ne jamais se prendre au sérieux et l’humour en général est un amortisseur salutaire. Bien vu! j’aime aussi la musique de votre poème rieur. Merci de ce partage.

Christian Satgé
Membre
14 septembre 2018 17 h 03 min

Dans notre monde où l’invective passe pour de l’humour, l’autodérision est le seul rire sain car se moquer de soi est toujours salutaire… c’est le premier pas vers une certaine sagesse pour ne pas dire une sagesse certaine. Bravo et merci pour ce texte alerte et qui, sous son esthétique, cache une vraie maîtrise technique.