Pelote Bretonne – Stéphane

https://youtu.be/lSWwHQXt0d8

Alors que je devine ton désir, je décline,
Je ne suis pas d’humeur à recevoir tes faveurs,
Je préfère jouer à la pelote avec Yann-Fañch Kemener,
La pelote bretonne demande de l’application et de l’ameur,
Beaucoup d’ameur, énormément de langueur, de grandes longueurs,
Brasse, crole, on choisit la partition et on se mouille dans la froideur,
Au début on se crispe, et puis on se congèle, on glisse dans la meur,
Les mouvements et la respiration bien synchronisés, on glisse,
Le fond noir et velu d’algues inconnues nous aspire,
Mais le ciel nous regarde et le soleil guide nos brassées d’eau,
Nous savons que c’est accueillant la dessous, comme un pavillon,
Dans le liquide, les âmes vont et viennent à leurs occupations,
Elles ne se soucient pas de nous, pauvres terriens, mangeables que morts,
On glisse, loin, le corps anesthésié, jusqu’au grand rocher qui sert de corps-mort,
Là, il faut calculer la vague, ascenseur vers l’échafaud,
Elle nous fait la courte échelle et on s’accroche au balcon,
On grimpe, Yann a plus de mal avec son biniou, quel con !
Bah, quand on aime, on ne compte pas, il a raison,
Moi, c’est mon piano qui s’agrippe au granit, stoïque nous gérons,
Plonger : rejoindre en volant comme le goéland, l’eau là bas,
Inspiration, les mots infusent, la tête s’emplit de poésie inutile,
Et cet intermède chasse la peur du vide qui nous aspire vers la mer d’huile,
Les mains devant chasse le mur H2O et le front élargit l’espace d’y glisser le corps,
Les pieds tendus ferment la porte des mondes,
Nous sombrons tels des obus propulsés en gravité, vers l’autre monde,
Ainsi de suite, … le froid nous oblige et il faut bien oublier le plaisir d’être mouillés,
Le retour glisse, comme à l’aller, le soleil nous guide à chaque goulée d’air inspirée,
A quatre pattes, nous ne pouvons nous relever sans chanceler,
Trop de froid, le sang est parti défendre les organes vitaux,
Alors les jambes, inutiles tant que nous sommes glacés, attendent le sang chaud,
Chancelant, heureux de vivre intensément, je pianote et Yann gonfle son biniou pour quelques notes.

©Stéphane

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54 ans, des idées et des images plein la tête que j'aime partager.

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