Giono, Le Contadour et les godasses d’azur – Christian Dumotier

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Giono, Le Contadour et les godasses d’azur

C’était un jour où la Montagne de Lure
berçait son calcaire laiteux
dans la moiteur des genévriers
Le ciel semblait s’excuser d’être si pur
et le jas des Terres du Roux
tentait encore de me réchauffer
dans ses vapeurs de miel d’agneau.
Dehors le solstice d’été triomphait
dans l’échancrure du temps
il me rappelait mes pauvres efforts
pour échanger mes rides
au marché de la vieillesse.
J’avais trop bu ou bien il était trop tard
mes rêves réécrivaient le vivant
et mon sommeil persistait
dans le mensonge d’une nuit d’été
Le café noir distillait ses promesses
dans le gris cabossé de l’aluminium
et le pain sauvage au goût d’anis
essayait de rester tendre sous la dent.
Dans mon sac à dos, les milliards d’images
collaient à la sueur sans âge
de mon coupe-vent
trop riche de ses combats face au mistral
et ses bourrasques insouciantes
Le jas des agneaux gonflait encore
ses ruines hallucinées pour écouter Crésus
Les pierres cherchaient les répliques
dans l’amoncellement des caméras ivres de ciel
et Giono doucement,
dans la douceur de ses doigts bleus,
brodait des images.
Mon pas gonflé par les caresses de l’herbe humide,
semblait porté par des godasses d’azur
et le sommet de Larran, si lointain ce matin,
affichait ses rondeurs sucrées,
dans les dernières brumes assassines.
Lure, décidément, s’enfuyait dans la clarté nouvelle
pour jouer les voleuses aux mille mains.
J’avais faim, le casse-croûte fleurait bon
les vertiges du romarin
et les promesses du pain lourd
et la mie aux douceurs perverses
et les tomates pleines d’effluves de soleil
et le banon au goût de chêne vert
et le sommeil pour respirer la vie.
En bas, Le Contadour cherchait encore les pacifistes,
la transhumance des images et l’odeur des contes,
la faiblesse du temps dans l’écoulement des rires,
la simplicité des sourciers du verbe
mais il n’y avait plus rien que la terre et le vent
comme ultime bibliothèque des rêves hallucinés.
Au retour le monde semblait s’être assoupi.
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