Douce prostituée – Martial Havel

Adieu, douce prostituée,
Esclave de mon fric et de ma solitude,
Esclave de mon incapacité à aimer,
Esclave de tous les hommes ou presque :

Ceux qui t’ont conduit loin de ton pays,
Et forcée à être ce que tu es.
Ceux qui, comme moi, ont utilisé tes soins,
Ceux qui ferment les yeux sur ta condition,
Ceux encore qui veulent nous convaincre
Que tu as choisi ton métier
Et que tu l’exerces en toute liberté.

Tous les hommes ou presque, donc,
Parce qu’ils sont des hommes
Et que tu es femme.
Douce prostituée, reine de la nuit
Par ton innocence et ton sourire,

Tu m’as donné de croire que tu m’aimais.
De cela, je ne te remercierai jamais assez.
Adieu, douce prostituée que je n’ai pas su aider
A donner sens et goût à la vie.

@Martial Havel

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Martial Havel

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Après avoir connu plusieurs vies, d'abord à Paris, dans ma jeunesse, puis comme officier de marine sur de gros pétroliers, dans le Médoc ensuite, en qualité de fonctionnaire puis de chef d'entreprise, j'ai posé définitivement mon sac à La Rochelle, lorsque j'ai pris ma retraite.

Marié, père de famille, divorcé, j'ai connu longtemps la solitude avant de retrouver la joie de l'amour. A proximité de la mer dont je ne peux me passer, entouré de nombreux amis, j'ai rassemblé dans un premier recueil intitulé "Ebauches" des poèmes écrits au cours des dernières années. Ces textes parlent de l'océan, de la solitude, de l'amour et sont agrémentés de quelques fantaisies sur des sujets divers.

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Simone Gibert
Membre
31 octobre 2018 13 h 37 min

Texte Très vrai, merci. Simone