Aimer vraiment – Jean-Marie Audrain

*

On le dit plus qu’on ne le fait

Dans un élan sans fondement

Ne plaire qu’à l’autre seulement

Sachant que personne n’est parfait.

*

On vit dans une boulimie

De tout de l’autre et tout de soi

Ne voyant que ce que l’on croit

En bon maître d’une alchimie.

*

Aimer vraiment

Aimer comment

Comme on le sent

Selon les vents ?

*

On nie que nous deux cent pour cent

Ne peuvent demeurer intacts

Il faut donc s’avouer avec tact

Qu’il nous faut deux renoncements.

*

Voir le poids de nos addictions

De célibataires endurcis

Amour à mort comme en sursis

Le réel dépasse l’affliction.

*

Aimer vraiment

Aimer comment

Comme on le sent

Selon les vents ?

*

Laisser venir le temps du nous

Nulle fusion, nulle addition

Regarder du côté du bon

Côté de ce qu’on aime itou.

*

Tour est question de désirer

Se jeter dans les bras de l’autre

Pour un bonheur qui serait nôtre

Sitôt sentant la nuit tomber.

*

Les gens autour ne font pas mieux

Pas mieux qu’elle et pas mieux que lui

On s’en console comme on peut

La souffrance ne fait pas de bruit.

*

Aimer vraiment

Aimer comment

Comme on le sent

Selon les vents ?

*

Aimer rime avec renoncer

Au temps à deux que l’on ravit

Pour se faire plaisir à l’envi

Snobant les larmes de l’être aimé.

*

C’est un grand combat intérieur

Au nom de notre liberté

Que l’on ignore idolâtrer

Et qui joue avec nos deux cœurs.

*

Aimer vraiment

Aimer comment

Comme on le sent

Selon les vents ?

*

Aimer vraiment

Aimer comment

Comme on le sent

Selon les vents ?

*

A écouter ici en chanson  :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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