Voilà justement comme on écrit l’Histoire – Christian Satgé

Petite fable affable

Aucun chemin de fleurs ne mène à la gloire
Prétendait, en son bon temps, le Maitre Jean.
Un gros zébu ayant l’esprit en bouilloire,
Voulut régner en son pays sur force gens
Ayant connu maints malheurs, et plus qu’Hécube,
Non par la force mais plutôt par l’esprit.

S’il vivait au pays des romans et des jujubes
Et n’avait pas la tripe cruelle, il prit
Pour son royaume, où tout était d’abondance,
La décision qu’on ne soignerait plus
Le malade, qu’on n’aiderait plus l’ancêtre
Qui ne peut mie se nourrir ni les exclus,
Et qu’on n’éduquerait pas les plus jeunes êtres
Afin que chacun sût, ici-bas, son rang
Et restât à sa place, loin de Sire tigre
Et des chacals qui faisaient le zébu Grand.

Il croyait qu’un authentique philosophe
Se devait d’être insensible à tout, ce roi,
Et qu’on ne peut gouverner avec étoffe
Qu’autant que son peuple est imbécile à bon droit.
Il permit aux vautours qui faisaient office
De police d’immoler plumes et poils,
En toute impunité si, par quelque vice,
D’aucuns, mâtins, contestaient, en leur joual,
Sa façon de faire et de dire le monde
Ou son art d’en rythmer la ronde empêchaient.

Et il trahit ainsi jusqu’à ses valeurs, l’Immonde,
Dans l’espoir d’un plus gros bénéfice empocher.
Il ne vint pas. Mais on rua, on hua
Tant qu’on le destitua Et, dans la haine,
Il mourut. Mais pas de remords. C’est la peine
D’avoir été trompé, floué, qui le tua.

 

© Christian Satgé – mai 2020

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Christian Satgé

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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