Seul au monde – Mohamadine Farsi

Seul au monde

 

En dessous d’un pont peu fréquenté

Se trouve un homme couché

Sur un vieux carton tout déchiré

Ses vêtements sont sales et froissés

Il semble plutôt jeune

Celui-ci doit avoir à peine trente ans

Pourtant son regard est vide et désespéré

Il a une longue barbe fort négligée

Depuis plusieurs années, il n’a cessé d’errer

Juste pour pouvoir s’abriter

Chaque jour, il a galéré

Toujours à faire la charité

Juste pour pouvoir manger

A présent, l’homme n’attend plus rien de la vie

Celui-ci  est trop déçu de tous ces hommes sans cœur

Ne se souciant que de leur propre bonheur

Il n’a plus qu’une seule envie «s’en aller »

Pour enfin être libéré

En finir avec toute cette malchance

Ne plus subir toute cette souffrance

L’homme ne supporte plus le regard de tous ces passants

Qui le dévisagent si bizarrement

Comme s’il leur gâchait le paysage journellement

Celui-ci n’a ni famille ni amis

Plus aucune raison de rester en vie

La solitude et la faim l’ont anéanti

Jamais personne pour lui apporter

Ne fût-ce qu’un peu de pain, un café

Ou juste échanger quelques mots sincères

Pour lui réchauffer le cœur

Le réconforter de tous ses malheurs

Il leur raconterait alors

Que lui aussi , il y a quelques années

Il habitait une jolie maison avec une femme

Qui l’a tant aimé

Mais que soudain la roue pour lui a tourné

Non seulement, il a perdu son foyer

Mais son cher amour l’a aussi quitté

L’homme ruiné, s’est retrouvé seul et abandonné

Sous ce pont où il s’est abrité

Depuis plusieurs jours, il ne veut plus boire ni manger

Déjà, il sent sa fin très proche

Car une petite lumière l’approche

Doucement, il sent son âme s’en aller

Sur ses joues, des larmes ont longuement coulé

Rien n’est jamais acquis, nul n’est à l’abri

D’un jour tout perdre et de se retrouver anéanti

Et finir seul au monde

 

Farsi Mohamadine

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Mohamadine Farsi

Mohamadine Farsi (41)

J’ai 59 ans, mari, père de 4 enfants.
Je suis électro-mécanicien et j’habite en Belgique en région liégeoise.
Depuis mon plus jeune âge, j’aime la lecture l’écriture mais la vie a fait que j’ai laissé un peu de coté cette passion.
Il y a peu ,j’ai découvert un site passionnant « plume de poète ».
J’y ai découvert également des personnes formidables, des poèmes sublimes et des échanges amicaux, chaleureux.
Cela m’a convaincu d’écrire à mon tour et de m’épanouir pour le restant de mes jours à venir.

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Lucienne Maville-Anku
Membre
18 avril 2021 2 h 56 min

Celui-ci  est trop déçu de tous ces hommes sans cœur
Ne fût-ce qu’un peu de pain, un café
Ou juste échanger quelques mots sincères

Mais quel désarroi…
Mohamadine, vous nous relatée cette histoire poignante non seulement avec force détail mais aussi avec l’emploi de mots de forte intensité qui empoigne et fait naitre l’empathie, si elle n’existait dans les cœurs.
Le “pain”… (le café) …les mots.
Oui, le pain essentiellement dans une main.
Et, les “mots” dans l’autre.
Les deux mains de l’empathie. Puissants symboles dans ce texte,,,magnifique.
Merci. LMA

Colette Guinard
Membre
17 avril 2021 18 h 29 min

La misère est à chaque coin de rue ,comment s’en préserver si aucune main ne soit tendue!Bonne soirée à vous malgré cette tristesse que vous décrivez Colette

Pascale Jarmuzynski
Membre
17 avril 2021 10 h 15 min

Triste histoire hélas souvent trop réelles .
Cordialement, Pascale

Alain Salvador
Membre
17 avril 2021 9 h 30 min

Oui, encore une autre forme de détresse. Merci de nous rappeler que tout n’est pas rose pour bien des êtres