“Nouveaux épisodes de ma vie.” (fin de la 5ème partie) – Odile Stonham

A partir de là, j’ai commencé à douter de moi, à me poser cette question : “Dois-je continuer ?” Je ne savais plus quoi faire car selon mes recherches sur le Net, les menus en braille n’avaient plus la cote.

Petit à petit, ils avaient été en effet remplacés par des menus audios appelés aussi cartes sonores. Cela ne m’a pas convaincue pour autant et mon entêtement a montré que j’avais raison quelque temps plus tard.

Bien après ça, un jour que je faisais une séance de psychothérapie, la psychologue qui était au courant de ce que j’avais fait pour les personnes non-voyantes me dit qu’elle avait pensé à moi le week-end précédent.

Intriguée, je lui ai demandé pourquoi et elle me répondit qu’elle était allée dans une pizzeria pour y déjeuner le midi. A un moment, un groupe de personnes aveugles était entré pour manger également et avait demandé au gérant s’il possédait des menus en braille.

Malheureusement pour ce groupe, il n’en possédait aucun. Je suppose qu’il a dû leur dire la liste des pizzas qu’il faisait et qu’elles ont été “obligées” en conséquence, de la mémoriser…

Ce qui prouvait bien que le braille était toujours là. Je pense, en tapant ces mots sur le clavier de l’ordinateur, à la jeune femme qui a transcrit mes premiers menus. Un jour, je lui ai posé la question qui était de savoir quel genre de menus elle préférait. Elle m’a répondu que ceux qui étaient transcrits avaient sa préférence car elle pouvait les consulter à loisir, sans déranger les personnes autour d’elle contrairement aux cartes sonores…

Souvent, il m’est arrivé de penser au rêve éveillé que j’ai fait un jour, au tout début de mon projet. Le jour où j’ai entendu à la radio Gilbert Montagné.

“La scène se passe dans un restaurant où une famille de quatre personnes est assise à une table. Un serveur s’approche et leur tend à chacun un menu : deux pour les adultes et deux également pour les enfants. Parmi ceux-ci, un transcrit en écriture à relief pour la petite fille qui est non-voyante…”

L’année 2025 se termine bientôt et avec le temps, j’ai pu enfin dire au revoir à mon projet. Par curiosité hier après-midi, j’ai surfé à nouveau sur des sites accessibles aux personnes handicapées visuelles et j’ai constaté, avec tristesse, que rien n’avait évolué pour la ville où tout a commencé, il y a un peu plus de vingt ans…

Elle n’est pas la seule.

 

@ Tous droits réservés.

Odile Stonham

Odile Stonham (306)

Bonjour,
Je m'appelle Odile et j'ai soixante-et-un ans. Je vis en Normandie, particulièrement dans le Calvados. Je suis mariée et j'ai deux grands enfants dont l'un m'a donné la joie d'être grand-mère de deux petits bonshommes : Ethan et Alexander.
J'ai commencé à écrire des poèmes à l'âge de seize ans et cela m'a beaucoup plu. Puis, petit à petit, j'ai continué à en faire. Etant sentimentale de nature, cela y a peut-être contribué. je ne sais pas. Mes sujets sont variés. Je les prends comme ils me viennent.

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