Ma fille aura 20 ans – Lucienne Maville-Anku

Ma fille aura 20 ans.

Ma fille aura
Deux fois dix années révolues.
Ma fille sera âgée
De deux décennies.

Ma fille aura 20 ans.

Et placée aujourd’hui devant ce temps qui s’accomplit
Je ne peux y penser dans le maintenant de l’instant de mon ici
Ni dans l’ici de l’instant de mon maintenant
Sans hardiment prendre le temps qui prend dans ses courses et remplit son panier
Pour mener une réflexion comme pour faire un bilan par rapport à toutes ces années
Et bien considérer ce qu’il y a dans le panier de ce temps accompli.
Ce qui a été volé. Dans ces envolées du vol des vols du temps.

Ma fille aura 20 ans.

Et dans cet élan de réflexion pour la lueur de la lumière pour le progrès mon moi
Je me pose de multiples questions et me demande vraiment
Mais où donc était passée ma fille… Ou était-elle…Ma fille.
Et où donc était-la mère… Ou était-elle passée… Sa mère.
Et c’est vrai. Mais où étais-je…moi… la mère… Et…que faisais-je… moi… sa mère.
Ou étais-je et que faisais-je pour avoir perdu…
Et je pleure.  Je pleure. Et je pleure encore. Et je pleure toujours. Je pleure à l’intérieur.
On dirait que j’étais là mais que je n’étais pas là. J’étais absente.
On dirait que je voyais mais que je ne voyais pas. J’étais aveugle.
On dirait que j’existais mais que je n’existais pas. J’étais inexistante. Inconsciente.
Donc. Je n’ai pas existé pendant un temps. Donc. Je n’ai pas vu ma fille….ni… mon fils, l’ainé.

Ma fille aura 20 ans.

Mais que vite ont passé les années.
Que vite a faufilé le temps fuyard qui fuit.
Le temps vite a passé vite. Vite a vite passé le temps.
Et même trop vite.
Bien trop vite a passé à mon insu le temps à mon avis.
Et maintenant il revient. Le temps. Il revient au galop comme un salop.
Le temps revient. Et tout revient. Tout revient avec lui. Et tout me revient.
Juste-Là. Dans le maintenant de l’ici de mon présent. Il revient. Le temps.
Il revient pour me mettre en plein devant les yeux ce fait du temps accompli.
Deux décennies. Deux fois dix années presque révolues. 20 ans. Alors je l’accuse.
J’accuse le temps.
Oui je l’accuse d’être passé par là. Avec des compagnons.
Ces vents… vous savez… qui sifflent et soufflent et pouffent et vous essoufflent
Et là vous voient. Las. Par terre. Et vous regardent. Et vous dévisagent. Prêts à vous étouffer.
Alors je les accuse. Je les accuse aussi.
J’accuse ces vents qui volent et m’ont volée dans leurs envolées de vols dans le vent du temps.

Ma fille aura 20 ans.


Et…oui je sais. On aurait dit qu’il s’agit ici d’une plaidoirie… mais… c’est un bilan que je fais.
Je fais un bilan de tout ce temps. Deux… décennies. Deux fois dix années bientôt révolues.
Et j’écris. Et je note…et je vois cet autre fait qu’avec le temps gourmand qui prend toujours
Et les vents violents qui ont soufflées… sont aussi passées par-là des compagnons des vents.
Et oui. Vous les connaissez… ces espèces d’insectes nuisibles et nocifs qui aiment à se déplacer en nuées de bandes par milliers et dévorent et engloutissent comme la mort gloutonne… tel ce virus si vorace… Tout. Tout sur leur passage et quasiment le tout de… ces beaux fruits de vos labeurs…fruits de vos entrailles.
Et si avides et affamés encore plus rien ils ne trouvaient à dévorer, ces terribles agents  destructeurs qui dévastent vos cultures… ces redoutables prédateurs aux grandes jambes agiles qui sautent à des hauteurs impressionnantes et volent et voltigent comme ces vents saccageurs… Oui s’ils ne trouvaient plus rien à dévorer…alors… bien qu’ils soient hervivores, ils s’abattraient sur vous…ils s’accrocheraient et s’agripperaient désespérément à votre chair et vous déchireraient et se régaleraient sans égard. Faisant de vous leur pâture. Alors je les accuse.
J’accuse ces sauterelles de toutes espèces aussi.

Ma fille aura 20 ans.


Et c’était hier pourtant qu’elle est née. Ma fille. Hier. Cela ne fait pas si longtemps. Hier. Deux décennies bientôt.
Mais l’ai-je vraiment vue grandir ? Ai-je vraiment eu le temps de la voir et de bien la regarder… de bien regarder ses traits et ces beaux yeux comme ceux jadis de son père et aussi d’apprécier lucidement, oui j’ai bien dit lucidement, ces années qui se sont si vite écoulées ? oui. Non. oui. Non. Non…Non… Certaines oui certaines non. Oui et non… Je fais les comptes.
Plus de non que de oui. Je suis dans la réflexion pour la lueur de la lumière pour le progrès. Je fais le bilan… Et… Je n’ai pas fini…

Ma fille aura 20 ans.


(Ma fille fête ses 20 ans. Ce mardi 22 avril 2021)
Extrait de mon texte « Ma vie aura 20 ans… »
©Lucienne Maville-Anku, 16/04/21, 19 :20

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"C'est en écrivant que j'apprends à écrire."
Je suis originaire de la Martinique, une des charmantes petites iles de la Caraïbe, et vis au Royaume-Uni.
J'écris depuis de nombreuses années, et ce sont les autres, dans un premier temps, qui par leurs nombreux encouragements et appréciations a la lecture de mes textes m'ont aidée à prendre conscience que j'avais des talents à valoriser.
Ce désir d'écrire et de mieux écrire qui niche en moi depuis l'âge de 15 ans n'a jamais cessé d'aller croissant. Aussi, j’expérimente que c'est le fer qui aiguise le fer, et que plus j'écris, plus je désire écrire, et apprends de la sorte à écrire en autodidacte, par le soupir, par le désir, comme un feu qui s'attise.
La Poésie elle-même m'enseigne, j'apprends d'elle et découvre plus de sa beauté et sa diversité en lisant et en appréciant ce que d'autres écrivent et expriment, notamment sur cette plateforme, terrain de partage et d'expérimentations où foisonnent tant de talents qui m'émerveillent. C'est une vraie galerie d'arts uniques.
J'écris et développe cet art d'écrire en cultivant ma relation avec la Poésie, 'bon pédagogue’ qui m'instruit et m'éduque, et l'écriture elle-même qui comporte aussi des vertus thérapeutiques contribue à mon développement personnel. Cependant, j'ai souvent désiré participer à des programmes de formation pour parfaire mes talents et la stylistique.
J'ai compilé déjà plusieurs recueils de textes poétiques que je souhaite "dé-confiner" pour les mettre à profit, partant du principe que ce que l'on partage, on le gagne, et ce que l'on garde, l'épargnant à l'excès, on le perd.

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Pascale Jarmuzynski
Membre
21 avril 2021 10 h 32 min

Etre parent, est le métier le plus difficile au monde … il n’y a pas d’école pour cela …. on apprend pas à pas … et l’on commet tous des erreurs …
Belle journée à vous et une pensée pour votre fille qui fête ses 20 premières années.
Cordialement Pascale

Colette Guinard
Membre
21 avril 2021 10 h 19 min

Lucienne ,la vie défile assurément à la vitesse grand V, nous les parents nous faisons tout se que nous pouvons ,n’ayez aucun regret l’amour vous en avez réservé pour votre fils ainé et votre fille qui va avoir vingt ans ,tous deux vous aiment infiniment ,j’en suis persuadée ,profitez Lucienne encore longtemps de tous les bons moments! bonne journée ensoleillée avec l’amour devant !Colette

Plume de Poète
Administrateur
21 avril 2021 8 h 59 min

Lucienne, il ne faut pas regretter le passé, nous faisons tous suivant ce que nous dicte notre coeur et ce qui s’accompli c’est le chemin qui nous était destiné d’une manière ou d’une autre. Les enfants réagissent tous différemment devant les méandres de la vie, je parle en connaissance de cause avec les miens, une fille de 39 ans et un fils de 34 ans, tous deux complètement opposés par 2 caractères si différents. Je ne vais pas rentrer dans le détail mais je pense sincèrement que tous les enfants du monde aiment leurs parents, ce serait contre nature dans le cas contraire. Ce que vous avez vécu bon nombre d’entre nous sont passés ou passent par là malheureusement. Je peux vous dire qu’il n’est jamais JAMAIS trop tard, parce que le bon, sort toujours vainqueur et surtout le coeur et l’âme sont là pour nous le rappeler. C’est un petit message d’ESPOIR que je voulais partager avec vous du fond du coeur…