Le gars de Saint-Brieuc – Jean-Marie Audrain

*

Le gars de Saint-Brieuc

Ressemble à son Angèle

Force de la nature

Cette vaillante grand-mère.

*

Au réveil le matin

Elle broyait son café

Réveillant le quartier

Au son de sa machine

Qu’elle tournait à l’envi

Sur sa manivelle usée

D’où vibrait la céramique.

*

Le gars de Saint-Brieuc

Le petit fils d’Angèle

Est fier de son sang celte

Et de danser l’an dro.

*

Ma mamie affamée

Engloutissait matin

Toute une miche de bon pain

Tournée du bon côté

Croix au couteau gravée

Pour bien garder la santé.

*

Le gars de Saint-Brieuc

Aimait lever le coude

Sur un bon cidre ou un chouchen

Avec ses trois cousines

Alette, Christine et Nadine

Sans oublier parrain Joseph

Et Angèle finissait les bouteilles.

*

Le gars de Saint-Brieuc

Le petit fils d’Angèle

Est fier de son sang celte

Et de danser l’an dro.

*

Mais jour de je ne sais quand

Toute la Bretagne a migré

Vers Antony pour être précis

Au rez de chaussée deux mamie

Une bretonne, une bourguignonne

Mes parents à l’étage du dessus

Oncles et cousines à quelques rues

De la résidence familiale

Qui s’appelait les Iris.

*

Le dimanche on se rassemblait

Toutes et tous autour d’Angèle

On lui chantait Alan Stivell

Et elle dansait avec ses cannes

Comme les sœurs Goadec

Mélangeant français et breton

Elle ne s’en rendait pas compte

Prétextant qu’elle était sourde.

*

Le gars de Saint-Brieuc

Le petit fils d’Angèle

Est fier de son sang celte

Et de danser l’an dro.

*

Le gars de Saint-Brieuc

Le petit fils d’Angèle

Est fier de son sang celte

Et de danser l’an dro

*

A écouter ici en chanson :

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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