La Puce et la Mouche – Kamel Usbek

C’est un soir, par une grande chaleur,

Une belle puce, fière de ses valeurs;

S’adorait au soleil de ce mois de juin,

Sur son trône, un petit brin de foin,

Écoutant la vaste prairie et son air,

Une belle mélodie, parcourant les airs.

 

Une mouche pénétra les domaines,

Sans craindre, d’offenser la belle reine.

Et comme pour la taquiner plus encore,

Elle prit place avec elle dans le décor.

“Qui es-tu étrangère? Sentant bien la misère,

avec ta crasse et tes manières”.

 

“Je suis ta majesté, la mouche Momo,

Et je t’ordonne d’aménager tes mots,

Si non, ta tête sera tranchée par mon bourreau,

Ainsi je mettrai bien fin à mes courroux”.

A ces mots, la puce lui sauta au cou,

Et d’un geste sec, la tua sur le coup.

 

A ce moment, un homme passe devant elle,

Une aubaine, on dirait qu’il était fait pour elle.

Elle prend, alors appui sur sa victime,

Saute sur le bras musclé de son intime,

Hume cette chair, chaleureuse et chère,

Plonge ses lèvres au fond du cratère,

Aspire, s’imbibe d’amour,

En quête, hélas depuis bien des jours.

 

Ô! Que c’est beau le bras d’un homme,

Digne de cette reine que l’on surnomme,

Sa majesté la puce, crainte même à Rome.

L’homme disparaît entre arbres enchevêtrés,

La bête savoure son repas de la peau éventrée.

 

troubadour © copyright

                             

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Christian Satgé
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10 janvier 2019 17 h 27 min

Vous voilà fabuliste chevronné, cher troubadour. Bravo et merci pour ce partage…