La dérive de l’humain – Christophe Bouldé

La dérive de l’humain

 

Ces pauvres gens, ces pauvres gens, qui traînent… Ces pauvres gens, ces pauvres gens qui meurt plus tôt qu’la moyenne, qui se raccrochent à quelques poches, qu’ont fait d’leur vie un fond de puit, et défile devant nous la dérive de l’humain…
Ces citoyens, ces citoyens, qui s’tatent, qui s’tatent à mettre leur bulletin dans l’urne, de peur de s’faire couper la main par les promesses électorales, les vieux râles, et défile devant nous la dérive de l’humain…
Ces divorcés, ces séparés, qui pleurent, qui pleurent, de leur rupture jusqu’à l’usure, toujours en quête d’un petit recoin d’chaleur, et défile devant nous la dérive de l’humain…
Ces mis d’côté, ces délaissés, qui s’lamentent, qui s’lamentent, du regard des autres, de leur mépris, de leur dégoût, bien à l’abri sous une tente, et défile devant nous la dérive de l’humain…
Ces irradiés, intoxiqués, qui s’regardent, qui s’regardent, t’as huit doigts d’pied, moi j’ai deux nez, c’est pas normal, ça doit v’nir de la centrale, et défile devant nous la dérive de l’humain…
Ces orphelins, ces orphelins, qui s’demandent, qui s’demandent, de quoi s’ra fait leur lendemain, sans attendre, sans attendre…
Ces pauvres gens, ces citoyens, ces divorcés, ces séparés, ces mis d’côtés, ces délaissés, ces irradiés, intoxiqués, ces orphelins, et défile devant nous la dérive de l’humain…

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