Je prie, me libèreras-tu – Emilie Belaquino

Je prie, me libèreras-tu ?

Ce soir, je ne me sens pas bien,

Je me sens nulle, moins que rien

Juste bonne à jeter par terre

Ou bonne à m’envoyer en l’air

Sans homme, non, avec la mort,

Donner ma vie, donner mon corps

Pour ne plus souffrir, en silence

Ce serait presqu’une jouissance

Seulement l’espoir reste  encor

Donc je subis, non sans efforts

Pourquoi m’a-t-on jeté ce sort ?

Pourquoi vis-je dans le remord ?

A la conquête du passé,

Du bon vieux temps où j’avançais

A l’époque où je progressais

Si bien qu’alors, je n’y pensais

Méritais-je ce sortilège ?

Je m’enfonce et croule sous neige

Ici-bas, à nu, j’ai si froid

La neige devient eau, me noie

Je me sens si seule et si triste

Je me demande si j’existe

Alors de pertes de raison

Où mon reflet semble illusion

Je suis perfectionniste, aussi

La qualité devient phobie

Je suis négative et j’essaie

De taire la voix qui me haie

Je suis si vide, égarée

Je suis timide, enfermée

Je sens mes pensées embuées

Je ne sais plus me retrouver

Au point que je ne saurais dire

Ce que je haie, ce que j’admire

Je suis pourtant entourée certes

Mais mes pensées restent secrètent

Mes souffrances restent enfouies

Lentement je meurs, je pourris

Ma piaule devient mon cercueil

J’attends, seule, que l’on me cueille.

Oisive et soumise à la chose

J’espère, emplie de névroses

Que l’on ouvre la porte rose

Porte de vie, porte d’osmose,

Porte de rires, et d’amour

Porte de contact, de velours,

Porte de miel et de courage,

Porte brisant les lourdes cages

Porte détruisant les barrages

Porte liant le fou au sage

Porte tuant l’horrible peur

Frein éternel au doux bonheur

Frein éternel qui de ses murs

Dans son cocon fermé rassure

Ou mieux, tente de rassurer

Car en même temps elle effraie

Amène peines et regrets

Ferme à clef la porte du vrai

La voie du vivant, du concret

Empêchant de laisser entrer

Mais tentant plutôt d’enterrer

Nos désirs d’avant, de progrès

Pures envie de liberté

Qui durent mais sont esquintées

Par le peu de confiance en soi

Qu’alimente l’affreuse voix.

C’est une triste vérité

La peur empêche d’exister.

Cette peur aujourd’hui me ronge

Je me sens mieux qu’ici en songe

Quand, dis-le-moi, peur, qui me tue

Je prie, me libéreras-tu ?

Tristesse

0 0 votes
NOTER LE TEXTE

Nombre de Vues:

0 vue
S'abonner
Me notifier pour :
guest
2 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Plume de Poète
Administrateur
25 septembre 2015 6 h 59 min

Merci pour ce premier partage du coeur Emilie et heureux de vous compter parmi les membres du site littéraire Plume de Poète.
J’espère simplement que cette communauté vous apportera un petit plus et de bons échanges et partages.
J’aime beaucoup votre écriture simple qui laisse glisser les mots et les maux à la lecture avec un très bon ressenti.
Bien à vous,
Alain