FOU DE BASSAN – Véronique Monsigny

FOU DE BASSAN – Véronique Monsigny

Comme le fou de bassan  qui en quête  de vivres

Plonge dans l’eau glacée, profonde et insondable

Je cherche le souvenir qui revenant délivre

Les fantômes qui me tiennent et sont insaisissables

 

Comme le fou isolé en son monde circonscrit

Je nage en eaux profondes et découvre parfois

Ma vie en  palimpseste mille fois réécrit

La mémoire l’efface pour s’ouvrir d’autres voies

 

Je suis comme l’ancien qui revit sa jeunesse

Et oublie le présent où il ne peut agir

Il rhabille de soleil les heures de tristesse

Se souvient du meilleur sans craindre de l’embellir

 

Car lorsque l’on ne peut être acteur du présent

On convoque le passé qui nous connut meilleur

On s’invente des rôles pour rendre moins pesant

Ce séjour en exile  où s’égrainent nos heures

 

Enfant je me disais : ces vieux ont du courage !

Ils rient et ils s’amusent alors  qu’ils vont mourir

Aujourd’hui où j’accoste déjà à ce rivage

Aux souvenirs  je  dis : comme il est bon d’en rire

 

 

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Jean-Marie Audrain
Modérateur
16 juin 2017 10 h 53 min

Joli démenti aux mots de Jacques Brel : Mourir ? La belle affaire mais vieillir ! Oh vieillir !
Belle inversion de la vapeur poétique

Regina Augusto
Membre
27 janvier 2016 13 h 49 min

Un beau poème, un constat du temps qui passe et qu’il faut accommoder pour avant qu’il ne s’efface. j’aime beaucoup, merci Véronique Monsigny du plaisir que j’ai eu à vous lire.
Régina

Brahim Boumedien
Membre
26 janvier 2016 20 h 48 min

Merci, Véro, pour ce partage plein de réalisme. J’écrivais quelque part que plus on avance en âge, plus on se bonifie et apprécie les choses à leur juste valeur..Il se trouve que tu le fais précocement. Tu es l’exception qui confirme la règle.

Amitiés.
Brahim