A deux poings près – Jean-Marie Audrain

Des boxeurs ont inventé des gants connectés

Une fois n’étant pas coutume, j’ai lutté contre ma muse le temps de me faire chroniqueur plus que poète.

 Dans le sillage du décalage…

 

À la fleur de l’âge, Max était devenu un champion de boxe universellement adulé.

Battant jusqu’au trognon, il se lança un défi : devenir la tête de liste des lutteurs.

À mains nues, il forgea sa nouvelle réputation et fit la une de l’Équipe en raison de sa vertigineuse ascension après une reconversion tardive.

Par osmose, il faisait siennes toutes les techniques et toutes les ruses de ses adversaires.

Cependant, à sa grande surprise, plus il gagnait de matchs, plus il immobilisait rapidement les colosses qui osaient l’affronter et plus sa cote décroissait tant dans les classements et dans les sondages.

Atteint dans son amour propre, il fit savoir qu’il serait le maître du double ring : lutte et boxe.

Il brillait des quatre fers, de cordes en tapis, sous des ovations toujours plus nourries;

Mais, à sa grande stupeur, cela n’enraya pas le glissando vers les abîmes de la courbe de son classement.

Sans un secours éclairé, son tableau d’honneur menaçait de se muer en musée des horreurs et les critiques lui rentreraient copieusement dans le lard.

Il dut se rendre à l’évidence : l’icône insolite du lutteur d’aujourd’hui gommait petit à petit l’image du glorieux boxeur de naguère. Ne récoltant pas les fruits de ses mérites, bien lui en prit d’aller consulter un marabout rue du Colonel Fabien. Il y reçut la révélation avant même de pénétrer dans le sanctuaire profane. Son ambition l’avait aveuglé au point de lui cacher cette sempiternelle évidence : la lutte déclasse !

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Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (325)

Né d'un père musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Marie Grant
Membre
22 septembre 2020 3 h 43 min

Une parabole intéressante sur l’ambition et ses conséquences parfois imprévisibles