Un cheveu blanc, un cheveu brun – Arnaud Mattei

D’une soirée trop arrosée     

En ce matin revenant ,

Devant mon miroir posé,      

Mon premier cheveu blanc.  

Sagesse de cette jeunesse  

En ce jour qui s’envole !        

Folies de cette vieillesse,      

Qui peu à peu s’affole !         

           

A l’aube d’hiver tôt levé,        

Devant la glace étonnée       

Mon dernier cheveu brun,     

Bien seul, petit orphelin         

Ému de ce passé à venir,     

Du soleil de ses vingt ans,    

Revenant à l’ode se levant.  

Sur la boîte aux souvenirs,   

           

De mes copains de virées,   

De mes copains de lycée !   

Sur les routes empruntées,   

L’inexorable trace de l’âge,   

Sème au hasard les visages

De ces bonheurs retrouvés  

Dans cette mémoire perdue,

De ce qui est, de ce qui fut.  

           

Disparaissez rides arides !   

Fuyez sillons sillonnant,        

Flétrissures tyrannicides,      

Faites au temps d’avant !      

Revenez précieux trésors,    

Chantez le temps d’alors,     

De bacchus, de l’amour,       

Du jamais, du toujours !

           

Arnaud Mattei, le 21 Février 2021

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Arnaud Mattei

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Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores.
Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire, pour la joie de les partager.
Des quelques poésies de mon adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies, d’un diplôme jadis gagné à un concours à mes presque soixante ans, il se sera passé un long moment de silence, une absence que le vide du temps ne saurait combler. Je crois avoir fait de ma vie, une vie simple et belle avec ceux que j’aime. Pendant ces quelques décennies, les mots sont restés au plus profond de moi.
Aurai-je la force de les dire, saurai-je être persévérant pour les écrire ? Et vous, les écouterez-vous ? Peut-être aujourd’hui, peut-être demain, peut-être maintenant, qui sait….

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6 Commentaires
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Bagnis Marie
Bagnis Marie
Invité
21 février 2021 19 h 10 min

Jolie poème sur ce mariage de plaisir et de souffrance , cette douce nostalgie qui se promène en cette poésie et qui fait délicieusement mal Bravo.

Lucienne Maville-Anku
Membre
21 février 2021 18 h 21 min

Beau poème de four strophes
De nostalgie empreint
Pour les saisons de nos vies
qui fuient et nos années qui défilent

Don est la mémoire qui raffraîchit.

Plume de Poète
Administrateur
21 février 2021 17 h 35 min

Merci Arnaud pour ce beau partage qui nous rappelle que nous n’avons plus 20 ans mais qui réveille en nous tellement de bons moments malgré tout.