Le professeur et son élève – Anne Cailloux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le professeur à son élève.

 

Conjuguez le verbe aimer à tous les temps.

­ Je t’aime, tu m’aimes il m’aime, nous.. .

-Nous quoi ?

-Je ne sais plus monsieur. Je ne peux conjuguer le verbe aimer, qu’avec mon amoureux.

-Mais si vous pouvez. C’est juste une conjugaison pas un acte !

-Veuillez m’excuser, mais je ne peux le conjuguer, qu’en sa présence et par tous les temps,

cela est plus que certain.

-Mais non voyons, essayez donc un autre temps que le présent, je ne sais pas, le passé composé!

-Monsieur, je vais essayer de composer avec le passé, ce verbe aimer qui n’a pas toujours été facile.

Donc, voici : J’ai aimé…. et je peux vous dire que j’ai composé !

mais ce temps fut imparfait, donc : j’aimais… oui, cela était dans le bon temps, mais plus le notre.

-Alors, je ne sais pas mademoiselle, au conditionnel du présent  peut-être!

-Alors là, oui monsieur je peux conjuguer ce temps, voyez donc :

j’aimerais, il aimerait, mais je ne sais pas si lui, aimera, dans un autre temps peut-être…

-Bon mademoiselle, tenter le plus que parfait !

-Le plus que parfait ? Vous croyez que ça existe, ce n’est pas si simple, vous savez le passé!

-Passé composé alors ?

-Oh oui monsieur, il fut passé composé, mais sans futur.

-Ce sujet était impératif pour votre avenir mademoiselle.

-Je sais monsieur, je peux essayez au présent !

car je ne connais pas le temps du futur, il m’aimera ? Je ne sais pas…

-Vous savez que vous pouvez conjuguer ce verbe aimer avec l’auxiliaire avoir !

-Monsieur, déjà avec vous, je ne peux conjuguer ce verbe Aimer,

mais avec votre auxiliaire, encore moins.

Le verbe aimer se conjugue bien trop souvent à l’imparfait associé à un possessif.

Et oui monsieur, le verbe aimer n’est pas «passé simple» que cela, il est si lourd,

des tonnes de tristesses, de joies, d’inquiétudes, de larmes, de cris d’extases et j’en passe,

mais le verbe, « NE PAS AIMER » est encore plus lourd…

Alors aimons avec passion et à tout les temps et tant pis pour vous monsieur,

il n’y a jamais de fautes quand on aime…

 

© 04/11/2017 – Le Professeur et son élève – *Anne Cailloux*

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Anne Cailloux

Anne Cailloux (304)

Depuis ma naissance, je fus autodidacte et trop rêveuse.
Spécialiste dans l'art thérapie et les maladies neurodégénératives, j’essaie de retenir le temps des autres et du mien.. Quelques diplômes, une passion pour l'art et les poètes. J'ose dormir avec Baudelaire.
Je suis une obsédée textuelle . Je peins, je crée et maintenant j’écris. Je remets cent fois mon ouvrage pour me corriger. De quinze fautes par lignes je suis passée à quinze lignes pour une faute... Deux livres en préparation et peut-être un recueil de poèmes, si Dieu veut.Anne

Je suis une junky des mots..

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Invité
28 décembre 2017 10 h 53 min

Bravo pour cette déclinaison que j’aime assez( et non que j’ai massé ) . Beaucoup de sens . je proposerais d’augmenter alors les sens ( et non l’essence ) Merci pour ce travail.

ChanTal-C
Membre
4 novembre 2017 20 h 30 min

Oui, j’aime ce texte plein d’humour et de poésie !
Merci Anne pour les sourires pendant sa lecture
Baisers

Chantal