Porte-clefs kaléidoscope – Laurelise Chalzib

Porte-clefs kaléidoscope – Laurelise Chalzib

 

Les clefs perdues. Celles d’ut.

Perd’ut(s) . Celles du paradis?

Oui, en quelque sorte

Celles qui ouvrent la portée musicale.

N’entre pas qui veut en ce docte univers:

Fantaisie en Si Majeur pour Cor

Cinq dièses à la clef d’ut seconde

Sonate en Sol Mineur pour Viole de Gambe

Deux bémols à la clef d’ut troisième

Fa dièse comme note sensible…….

Lecture avec changement de clefs

Art-d’ut, fl’ut, je b’ut

Il y a sept clefs, celles de l’enfer pour certains !

Attention elles attachent les lignes de la portée

Sept serrures . Vous ne possédez pas les clefs ?

Clef de sol, clef de fa troisième, clef de fa quatrième

Clef d’ut première jusqu’à la quatrième?

Vous ne pouvez pas entrer. Tours inexpugnables !

Message codé; indéchiffrable; inconnaissable.

Docte ignorance. Passion de ne pas savoir

Que choisissez-vous?

La clef des songes, qui ouvre sur les nuages?

La clef des murmures, qui ouvre sur le langage?

Celle des chants, qui ouvre sur les sons?

La clef d’out à l’italienne, celle du doute?

Ou la clef d’août quand l’été s’étire et s’émerveille de la chaude clarté?

Ah les clefs d’ut! Ah la torture !

Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut……

Ut est do, mi est do en clef d’ut première

Sol est do en clef d’ut seconde

Do n’est jamais vraiment do

Il est changeant au gré des clefs

Il est mi en clef de fa quatrième

Il est ré en clef d’ut troisième

Z’ut !!! Nous n’y comprenons rien ! Patience……

Si do si mi si la si sol si fa si mi…..

Les secrets des oeuvres sont bien gardés avec les clefs

Chacune son style, son écriture, son dessin élégant

Elles ornent les cantiques de leurs arabesques savantes

Sans elles les lignes divergent, s’éparpillent

Les notes sont folles, séparées, désarrimées

Parions sur les clefs qui ouvrent Et qui ferment aussi

Elles enchantent les grimoires

Pour garder intacte la musique de nôtre âme…

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Véronique Monsigny
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23 février 2016 19 h 51 min

merci Laurélise pour ce poème qui nous donne la clé des champs. je crois que le musicien en herbe est souvent assassiné sous la complexité du solfège et la rigidité des conservatoires. que vive la musique et les notes en clé de sol ou en clé de fa… et z’Ut à l’académie. Bravo ! belle démonstration