La gran redada – Philippe X

LE GRAND RAID

ou

LA GRANDE RAFLE

 Se tromper est humain, continuer

(Sénéque et nos hommes politiques)

    La vie est un éternel recommencement et les mêmes gens commettent les mêmes erreurs, principalement ceux qui détiennent le pouvoir.

    Je n’ai pu résister au plaisir de vous faire connaître les faits historiques qui étayent mes propos en l’introduction.

Fascination, admiration, rejet, mépris, haine.

    Les Gitanos ont toujours suscité en Espagne, des sentiments extrêmes et contradictoires.

    Par conséquent, leurs relations ont toujours été complexes avec le reste de la population espagnole.

Un peu d’histoire :

    Dans la nation espagnole de construction récente, et en quête de nouveaux territoires (qui donna lieu à la découverte des Amériques en 1492) , la religion catholique sert de liant afin d’unir des populations aux mœurs très diverses. L’image idéalisée de l’union des peuples par la religion va alors s’imposer et servir d’alibi pour la discrimination et/ou l’éviction d’une certaine frange de la population.

    Cela qui conduit à la découverte, à l’expulsion massive des Juifs en 1492  et des Mudéjars de Castille en 1502.

    Dans ce contexte, après une hémorragie démographique à l’origine de la désertification des zones occupées par ces populations expulsées, divers édits royaux se succèdent, afin de fixer et d’utiliser les familles gitanes en particulier dans les zones méridionales .

    Celles-ci sont regroupées en de mêmes bourgs et villages, et vont ainsi préfigurer ce qui deviendra une catégorie pensée comme objective : les gitanos.

    Cela, dès la fin du Moyen Âge, moment où quelques familles à l’aspect exotique, après avoir traversé plusieurs pays d’Europe, pénètrent en terres ibériques (le premier document attestant de leur présence en ces lieux date de 1425).

    Petit rappel : très simplifié.

    Je vous laisse le soin de vous rendre sur vos sites de références préférés, pour avaler les conneries avancées par des « gens instruits » mais ignorants.

    Gitans, Manouches, Tziganes : groupes ethniques viennent des rives de l’Indus.

    Gens du Voyage : est une appellation administrative

    Elles portent d’étranges vêtements  et parlent une langue incompréhensible. Certains membres de ces familles se disent comtes, ducs ou princes, puis d’autres, capitaines. Ils usent des titres nobiliaires locaux  En Espagne, on nomme leurs chefs « don Juan d’Égypte Mineure », « don Thomas, comte de Petite-Égypte » , etc.

    À la fin du XVe et surtout au XVIe siècle, parallèlement à la mise en place d’enquêtes généalogiques, dont l’objectif était de contrôler la « pureté de sang » des familles, c’est-à-dire l’ancienneté de leur appartenance à l’Église catholique et leur fidélité vis-à-vis de ses dogmes, leur sincérité religieuse est mise en doute

    Leur sont reprochées leurs activités de divination, considérées comme étant hérétiques, et ils sont de plus en plus accusés d’être des vagabonds, des voleurs et des manipulateurs.

Un rappel à la Loi :

    Ils doivent désormais trouver un métier , un maître, s’installer au sein des localités ou quitter le royaume dans un délai de soixante jours.

    Le délai passé, ils encourent cent coups de fouet et le bannissement définitif du royaume.

    S’ils récidivent, ils s’exposent à l’amputation des oreilles, suivie du bannissement. (en aparté et pour dédramatiser. .Comment faire «  porter le chapeau » à un homme qui n’a plus d’oreilles?) .

    À la troisième condamnation, ils deviennent esclaves à vie de ceux qui les ont capturés. 

Comment suis-je impliqué :

    Mon épouse, Gitane de par ses origines paternelles, effectue depuis près d’un an, des recherches généalogiques.

    Avec efficacité et sérieux, ses travaux ont permis de découvrir la vie de ses ancêtres en remontant en 1635, dans la province de Girona (Espagne ).

    Suite à la traduction de divers documents officiels, de sérieuses pistes mènent notre « enquêtrice » près des rivages de la GRECE ….A SUIVRE.

    Lors de ses recherches, elle a compulsé des jugements qui condamnaient des familles à :

  • peines capitales pour les hommes,

  • bannissements pour les femmes,

  • séparation définitive pour les enfants.

Crime et délit commis :

    Pour le seul fait d’avoir allumé des feux en pleine nature et d’avoir dansé autour !

   Un de ses ancêtres a été condamné, et sa famille «démembrée ».

    Afin de dédramatiser ces actions d’un autre âge,  je précise que la politique mise en place par les très “saints et Catholique souverains” a fait …Long feu…

    En 1749, la politique d’assimilation forcée est interrompue .

    Devant l’inefficacité de ces lois à faire disparaître ces individus, le monarque, suivant les premières expériences d’internement des lépreux et des malades mentaux, prend la décision de leur internement massif dans les arsenaux espagnols de la Péninsule et d’Afrique.

    La « Grande Rafle » de 1749 (expression de Leblon, 1985), traduite par «la Gran Redada » littéralement le « grand coup de filet », vide tous les bourgs et villages de la nation de ses habitants gitans, qui, pourtant y avaient été assignés à résidence.

    Environ 12000 familles auraient été ainsi déplacées.

    Cette mesure est intenable : bien vite, les maires des villes et villages réclament leurs forgerons, presseurs d’olive, boulangers, bouchers, maquignons, etc…. en fait ceux qui exerçaient des métiers les plus pénibles.

    Mais j’attire votre attention sur les parallèles qui sont établis sur la façon dont « les Grands d’Espagne »  et les « Grands Dirigeants » de ce monde actuel, traitent les minorités laborieuses.

    De nombreux étrangers travaillent en France, notamment dans le bâtiment et les travaux publics, secteurs délaissés par la population active française.

    Les métiers, professions, dont la pénibilité est reconnue, ne sont plus exercées par les Français.

    Qui prendra en charge ce manque de main d’oeuvre, quand les populations étrangères seront boutées hors de France ?

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©Philippe X – 20/08/2020

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Loup Zen

Philippe X (62)

Je viens je ne sais d’où et je vais je ne sais où.
Je ne sais pas qui je suis réellement.Je mourrais un jour mais je ne sais quand. Et je m’étonne d’être heureux… Pas vous ?
Pendant que les hommes racontent des aventures qu’ils n’ont jamais vécues…les femmes vivent des aventures qu’elles ne raconteront jamais ».

Je suis issu de la communauté des nomades, sur mes routes j'ai fait une rencontre qui a changé ma vie : Alain BONATI
Pour moi écrire représente : La Liberté d'entreprendre, la capacité de comprendre et la possibilité de surprendre..... et je suis le premier surpris !

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Marie Dtl
Membre
20 août 2020 18 h 46 min

Vous avez cette manière à nulle autre pareille d’éclairer l’Histoire. On apprend beaucoup de choses. Amitiés

O Delloly
Membre
20 août 2020 17 h 10 min

Fabuleux et passionnant. Quelle écriture, quel travail d historien, Monseigneur ,
Pensez à écrire une suite cher Maître
Amitiés
Oliver

ChanTal-C
Membre
20 août 2020 16 h 52 min

Bonjour Philippe,

Extrêmement bien écrite et tellement juste, votre réflexion poétique concernant les “minorités”, depuis la nuit des temps !…
Merci pour cet exposé, clair et concis, tel que vous savez si bien le faire.
Amitiés

Chantal