
Le brouillard tombe sur les marais
Parmi les touffes d’arbres têtards
Se glisse une poule d’eau apeurée
La froide nuit approche, il est tard
La silhouette d’un arbre mort
Fait naître les fantômes du passé
Les souvenirs des trépassés
Et la cohorte de nos remords
Alors qu’il fait entre chien et loup
Défilent nos mensonges, nos non-dits
Et nos tromperies de filous
Puis les anathèmes maudits
Entre les arbres enchevêtrés
Sifflent nos railleries acerbes
Glapissent nos méfaits perpétrés
Exulte notre fierté superbe
Notre attitude d’homme pressé
A manqué de reconnaissance
Envers ceux qui nous bercé
Depuis notre lointaine naissance
Revenu de notre plus jeune âge
Le roi des Aulnes nous poursuit
Les buissons nous griffent le visage
Dans notre folle course qui s’ensuit
Puis les pieds figés dans la boue
Nous constatons que nous sommes seuls
Prisonniers de nos propres tabous
Des êtres velléitaires et veules
Prenant notre courage à deux mains
Regagnant la berge alentour
Nous retrouvons notre chemin
Et la joie de notre retour
Ce lieu désolé et sauvage
Nous renvoie notre propre image
Nous juge puis nous fait retrouver
Notre dignité éprouvée