Devoir mémoriel – Arnaud Mattei

Rescapés des camps de l’horreur,               

Ou tombés sur le champ d’honneur,                 

Vous êtes nos témoins des noirs hivers.            

Devoir mémoriel soit le gardien d’hier                     

De ce temps qui estompe la survivance,                

Du commun banalisant les souffrances.                 

Plus jamais ça, dirent les premiers revenus,                       

Martyrs tranchés par les gaz et les obus !               

Encore cela se dirent ceux qui repartirent,              

A l’assaut du mal de l’absolu à détruire !                 

                       

Fauchés, torturés, mais pouvoir se relever,            

Blessés, humiliés, mais savoir se soulever,            

Soldats, résistants de la première heure,                

De villes en villages, défendre l’honneur,                

Perdu de nos libertés fut votre combat !                  

Au son de la voix de France qui se leva,                 

De la Marne aux chemins des Dames,                   

A Verdun, sous la mitraille et les armes,                 

D’innocentes victimes à l’enfer soumis,                   

Tombèrent pour la cause de leur pays !                  

                       

Lumière vacillante de notre repentance,                 

Soit flamme au cœur de nos espérances.              

Camus le dit, un bacille jamais ne meurt,                

Il couve, il rampe, il attend son heure !                    

La lune noire nous joue un mauvais tour,                

A masquer les augures du mal de retour.               

Les collusions des plaques tectoniques,                 

Ne sont-elles pas dans le lointain l’écho,                

Haines aux tremblements tsunamiques,                 

Dissimulées dans la forêt de nos maux ?                

                       

Vous connaissances douces des amers,    

Rappelez-nous l’humeur de ces errances

Car les siècles de l’obscur, vérité première,            

Sont-ils l’hier des nuits de nos décadences ?                     

Nobels de la paix, qu’êtes-vous devenus ?             

Remparts des paradis aux verbes perdus,              

Du croire un jour en des mondes meilleurs,            

Soyez des espoirs les revenants porteurs,             

Comme le furent un jour ces maquisards,               

Qui se soulevèrent contre les barbares !                                                                 

           

Arnaud Mattei, le 11 Avril 2021

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Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores.
Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire, pour la joie de les partager.
Des quelques poésies de mon adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies, d’un diplôme jadis gagné à un concours à mes presque soixante ans, il se sera passé un long moment de silence, une absence que le vide du temps ne saurait combler. Je crois avoir fait de ma vie, une vie simple et belle avec ceux que j’aime. Pendant ces quelques décennies, les mots sont restés au plus profond de moi.
Aurai-je la force de les dire, saurai-je être persévérant pour les écrire ? Et vous, les écouterez-vous ? Peut-être aujourd’hui, peut-être demain, peut-être maintenant, qui sait….

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Philippe DUTAILLY
Membre
23 avril 2021 18 h 31 min

Tant qu’on a les mots, la mémoire perdure. Du moins, je me plais à y croire. Très beau texte émouvant qui ressuscite nos glorieux anciens.

Alain Salvador
Membre
23 avril 2021 10 h 40 min

C’est superbement écrit, sans faire de patriotisme exacerbé. Oui , le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux personnes qui ont lutté jusqu’à perdre leur vie est de parler de leurs faits, pour que les générations futures n’oublient pas ce que les femmes et hommes libres étaient et seront.

Pascale Jarmuzynski
Membre
23 avril 2021 10 h 33 min

Merci pour ce bel hommage rendu à ceux qui se sont levés contre la barbarie …
J’ai une admiration sans borne pour tout nos jeunes résistants ….
Entretenir leur mémoire est un devoir ….
Cordialement à vous.