L’entité du Colisée – Anne Cailloux

L’entité du Colisée

Á l’ombre du Colisée, le soleil vespéral se couche aux pieds des voûtes brisées,

offrant des broderies séculaires à notre dame la terre.

Il se murmure, qu’une partie de poker a eu lieu ici, une nuit,

entre le ciel et l’enfer, entre l’ô et le feu entre les diables et les dieux,

entre cupidon et pluton.

Le gagnant a des yeux, fait avec les braises de l’enfer et une nuance d’iris,

qui n’existe dans aucune palette de peintre.

Il a un sourire, à charmer toutes les saintes du paradis.

Il se dit, il se dit…… qu’il a ensorcelé le diable lui-même,

et que ce dernier lui a offert des sortilèges, que les dieux jaloux,

lui ont accordé l’arc-en-ciel de toutes les séductions

et personne ne sait, si c’est un ange ou un diable!

 

L’homme descend les marches, tel un dieu, magnifiant l’édifice,

faisant revivre des plaisirs séculaires qui dormaient en lui depuis la nuit des temps.

 

Plus haut, dans le Colisée, assis sur un fragment de pilier,

il y a le plus illustre de ses ancêtres, l’Empereur romain Titus.

Son fantôme erre de temps en temps, aux côtés de ses descendants.

Après son couronnement, ce monarque ne fut que bondé,

mais, il n’oublie pas que dans ses veines, avait coulé les plaisirs du libertinage.

À la mort de son père et du jour au lendemain,

ses vices s’effacèrent, pour laisser place aux plus rares des vertus.

Alors, il ne pouvait manquer cela. 

La grandeur et le pouvoir de ce descendant étaient à leurs paroxysmes.

Elle le dévisage et il sait qu’elle va lui être acquise corps et âme.

L’homme contemple cette femme, ils se regardent, elle tourne sur ses escarpins,

lui sur ses bottes, qui ont foulé le sol de l’enfer.

Comme un matador, l’homme replie son bras droit dans son dos

et s’approche tout près de la hanche de la femelle.

Il lui souffle des mots qui feraient pâlir le diable lui-même.

Il a des phrases coupantes comme des sabres, qu’il dépose sur du coton.

Il lui chuchote des compliments qui sentent le curare sur un air de Giuseppe Verdi.

Son regard a la profondeur du néant mais la femme y voit des baisers brûlants

qu’il va lui offrir en ciel de lit,

elle y voit des fils barbelés tranchants comme des rasoirs, entourés de mots d’amour,

elle n’y vois plus que du feu, dans une chaleur qu’elle ne peut plus contrôler.

Il tatouera ses envies et ses ordres, dans les interstices de son corps .

Elle sentira une chaleur prendre possession de son âme,

sa volonté sera prise dans de la cire chaude

qui laissera sur son corps un goût de miel.

Dans une attitude sensuelle il recule, et part dans un mouvement charnel,

il ne se retourne pas, ses yeux ont donné des ordres,

elle sera derrière lui, il le sait, elle le suivra jusqu’en enfer s’il le faut

ou jusqu’au paradis, nul ne le sera jamais!

Le Colisée retrouve son silence, L’Empereur est admiratif,

il repart retrouver ses fantômes.

Il se retourne une dernière fois, regarde le Colisée,

cet amphithéâtre fut construit par son père, l’Empereur Vespasien,

ce fut lui qui termina la construction de l’édifice.

Le monarque à une larme au bord des yeux,

il se retourne, puis il dit avant de disparaître à jamais: VENI, VEDI ,VICI….

Les entités perdues retrouvent le Colisée,

elles se cherchent se retrouvent comme des âmes en peine.

Si un jour vous passez dans ce lieu la nuit,

faites silence et priez pour toutes les âmes qui se cherchent… mais faites attention,

il se peut qu’un matador beau comme un dieu avec des yeux de braise

vous approche d’un pas sensuel, mais la suite vous la connaissez……

 

©2017 – Anne Cailloux

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Anne Cailloux

Anne Cailloux (304)

Depuis ma naissance, je fus autodidacte et trop rêveuse.
Spécialiste dans l'art thérapie et les maladies neurodégénératives, j’essaie de retenir le temps des autres et du mien.. Quelques diplômes, une passion pour l'art et les poètes. J'ose dormir avec Baudelaire.
Je suis une obsédée textuelle . Je peins, je crée et maintenant j’écris. Je remets cent fois mon ouvrage pour me corriger. De quinze fautes par lignes je suis passée à quinze lignes pour une faute... Deux livres en préparation et peut-être un recueil de poèmes, si Dieu veut.Anne

Je suis une junky des mots..

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2 Commentaires
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Véronique Monsigny
Membre
19 juillet 2017 20 h 31 min

Merci Anne d’avoir revisiter pour nous le Colisée avec l’œil du poète. Rome est un enchantement… continuez à nous le faire découvrir par votre plume.