Presse-toi de paresser – Christian Satgé

Petite fable affable Dans la vierge forêt, un ara s’agitait, Allait et venait. À tous il voulait paraître, En son écarlate livrée, l’air affété, Dans ce décor où tout s’empêtre, s’enchevêtre. Tout en cris, il bougeait, gigotait, chahutait À toutes les portes, à toutes les fenêtres. Un paresseux en vint à se manifester : « … Lire plus

Le rhino’ féroce – Christian Satgé

Petite fable affable Un rhinocéros blanc à l’oeil noir Fuit tous les braillard débraillés Que l’espèce aviaire a baillés À la rivière où cet éteignoir A élu domicile et fait sa loi. Et à la faire régner il s’emploie. Il empoussière aigrettes, hérons Chasse spatules, avocettes, grues,… Brillants comme une écume incongrue Dans l’eau où … Lire plus

Une nuit des beaux jours – Christian Satgé

Cycle toulousain   Mon ami, toi qui es aveugle aux ciels changeants, Sourd aux aveux du vent, sais-tu plus engageant Que ces heures estivales on ne peut plus tardives, Qui, aux lueurs d’incendie du couchant, survivent ?! Ça bourdonne et chuinte sans discontinuité… Au milieu des murs ruinés aux mûres fruitées, Une promiscuité de murmures … Lire plus

Le silence de nos appels – Hubert-Tadéo Félizé

Vers le bas de la ville, ai-je regardé là ? La journée a passé et je me suis blessé Au chagrin des statues qui vert-de-gris pleuraient, Dans le bassin, –silence,- pas un bruit sous mes pas. J’ai contemplé au loin le reflet du soleil, Sur les toits de ma ville et tous mes sentiments Sont restés … Lire plus

L’écrit et les cris – Gethede

Plongeant dans l’encrier des rêves proscrits Si là, ma pointe acérée relaye ce cri Que l’affliction des spoliés, des bannis prescrit Tempête sur ma plume, un souffle décrit La réalité que le silence des cris Quelle que soit ma mine, il faut que le sens crie ! Le sujet circonscrit, Mon âme est cri Le … Lire plus

Le vieux couvent – Christian Satgé

  Ruines de pierres ternies et jaunies,L’abbaye se survit, rongée par le lierreEt mitée de buissons sans cérémonie.Les ronces dévorent les jadis si fièresColonnes, piliers d’un foi en allée.Cette forêt assassine et pénétrante,Soulève un sol hier si bien dallé.Les vertes tonalités envahissantesDominent désormais des murs effondrés,Un clocher mis à bas qui, encore, pleureLa perte d’un … Lire plus

La chanson de Samson – Christian Satgé

Cycle pyrénéen . Racine qui sinue, qui susurre, Moi, je suis un aspic circonspect, Et à vos yeux, un loustic suspect Qui s’insinue, jamais ne rassure… Près de ce ruisseau, ce soir De secousse en sursaut, sans surseoir, Avec science, en silence, Je me balance ou bien je m’élance… Et je glisse, impatient, sans souper, … Lire plus

Dans l’eau de l’aube – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Jusque dans ses recoins les plus noirs, les plus sombres, Doublure d’étoiles et col d’aurore écrue, La nuit réduit peu à peu ses voiles, vaincue, Délaçant, sans plus se lasser, sa cape d’ombres. Le lac lape la lumière du levant, crue Et nue, qui mourra sans avoir vraiment vécu. Prise dans la … Lire plus

Montagne à l’orée de l’aurore – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Le crêpe élimé du crépuscule pâlit… Puis, soudain, l’eau du ciel qui se trouble, s’enflamme. Dans l’air clair et frissonnant où il fait son lit, Le vent lent attise la lumière et l’accroche Des pics aux rochers dont elle affûte les lames, Répand son onde féconde sur chaque roche En lueurs micacées, … Lire plus

Val d’aise – Christian Satgé

Je me perds dans l’horizon et ses échos… Rosé de glaïeuls, dans ce trou de verdure, Comme au temps de mon aïeul, le temps me dure…   Je me perds dans l’horizon et ses échos… Point de nuées sales ni de ciel blême Écumant comme on râle. Tout est problème Entre vos murs prison, et … Lire plus

Chants champêtres – Christian Satgé

  Belle endormie, près du bois et loin du bruit, Une naïade se noie dans la nuit, Bercée par le ruisseau qui, tout doux, murmure De racines amères en ronces à mûres. À son chant boivent le chêne et le roseau, S’abreuvent à peine biches et oiseaux. Elle dort, pour l’été ou l’éternité, Nue, enveloppée … Lire plus

Oiseux oiseaux – Christian Satgé

Petite fable affable   Dans un gros arbre sordide, Des oiseaux assemblés, candides Représentants de leur tribu Sur tout sujet non sans abus,… Causaient fort et piaillaient prou Cent inanes propos qu’au trou Du vieil hibou qui raisonne On entend et qui y résonnent. Ne rien dire mais causer, Pour ce vieux, il faut oser … Lire plus