Le silence de nos appels – Hubert-Tadéo Félizé

Vers le bas de la ville, ai-je regardé là ? La journée a passé et je me suis blessé Au chagrin des statues qui vert-de-gris pleuraient, Dans le bassin, –silence,- pas un bruit sous mes pas. J’ai contemplé au loin le reflet du soleil, Sur les toits de ma ville et tous mes sentiments Sont restés … Lire plus

L’écrit et les cris – Gethede

Plongeant dans l’encrier des rêves proscrits Si là, ma pointe acérée relaye ce cri Que l’affliction des spoliés, des bannis prescrit Tempête sur ma plume, un souffle décrit La réalité que le silence des cris Quelle que soit ma mine, il faut que le sens crie ! Le sujet circonscrit, Mon âme est cri Le … Lire plus

Le vieux couvent – Christian Satgé

  Ruines de pierres ternies et jaunies,L’abbaye se survit, rongée par le lierreEt mitée de buissons sans cérémonie.Les ronces dévorent les jadis si fièresColonnes, piliers d’un foi en allée.Cette forêt assassine et pénétrante,Soulève un sol hier si bien dallé.Les vertes tonalités envahissantesDominent désormais des murs effondrés,Un clocher mis à bas qui, encore, pleureLa perte d’un … Lire plus

La chanson de Samson – Christian Satgé

Cycle pyrénéen . Racine qui sinue, qui susurre, Moi, je suis un aspic circonspect, Et à vos yeux, un loustic suspect Qui s’insinue, jamais ne rassure… Près de ce ruisseau, ce soir De secousse en sursaut, sans surseoir, Avec science, en silence, Je me balance ou bien je m’élance… Et je glisse, impatient, sans souper, … Lire plus

Dans l’eau de l’aube – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Jusque dans ses recoins les plus noirs, les plus sombres, Doublure d’étoiles et col d’aurore écrue, La nuit réduit peu à peu ses voiles, vaincue, Délaçant, sans plus se lasser, sa cape d’ombres. Le lac lape la lumière du levant, crue Et nue, qui mourra sans avoir vraiment vécu. Prise dans la … Lire plus

Montagne à l’orée de l’aurore – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Le crêpe élimé du crépuscule pâlit… Puis, soudain, l’eau du ciel qui se trouble, s’enflamme. Dans l’air clair et frissonnant où il fait son lit, Le vent lent attise la lumière et l’accroche Des pics aux rochers dont elle affûte les lames, Répand son onde féconde sur chaque roche En lueurs micacées, … Lire plus

Val d’aise – Christian Satgé

Je me perds dans l’horizon et ses échos… Rosé de glaïeuls, dans ce trou de verdure, Comme au temps de mon aïeul, le temps me dure…   Je me perds dans l’horizon et ses échos… Point de nuées sales ni de ciel blême Écumant comme on râle. Tout est problème Entre vos murs prison, et … Lire plus

Chants champêtres – Christian Satgé

  Belle endormie, près du bois et loin du bruit, Une naïade se noie dans la nuit, Bercée par le ruisseau qui, tout doux, murmure De racines amères en ronces à mûres. À son chant boivent le chêne et le roseau, S’abreuvent à peine biches et oiseaux. Elle dort, pour l’été ou l’éternité, Nue, enveloppée … Lire plus

Oiseux oiseaux – Christian Satgé

Petite fable affable   Dans un gros arbre sordide, Des oiseaux assemblés, candides Représentants de leur tribu Sur tout sujet non sans abus,… Causaient fort et piaillaient prou Cent inanes propos qu’au trou Du vieil hibou qui raisonne On entend et qui y résonnent. Ne rien dire mais causer, Pour ce vieux, il faut oser … Lire plus

Le lion sot – Christian Satgé

          Petite fable affable « Un fils aîné m’est né ?… Tudieu, à mon âge ? » La face froncée de soucis, le roi rugit Maître incontesté, par ici, de l’ici-gît. Ce vieux mâle ne peut contenir sa rage. Fauve acariâtre, aux colères indomptées, Souverain de sujets aux heures jà comptées, … Lire plus

Des glaçons – Contu Aurel

La neuvième symphonie on l’entend parfois troublant le silence entre nous J’ai oublié ouvertement la gramophone de grand-mère… avec des plaques noires et odeur de lavande tu savais comment mettre l’aiguille sur le fossé de l’amour as tu ouvert les cages avec des oiseaux enchantés as tu relaché les canaris jaunes vers le ciel… mon … Lire plus

La brume du matin – Christian Satgé

Cycle pyrénéen Le froid transit les bras immobiles De l’arbre amputé de ses atours, Engourdit même les plus habiles Des êtres qui font, là, un détour. De la mort d’un jour sans contour Jusqu’à l’agonie, toute impavide, De la nuit, Sans bruit, Des draps s’accrochent au vide, Des lambeaux de linceul pendent aux tours, Engloutissent … Lire plus