Au fond de sa gorge serrée
Depuis l’enfance elle gardait
Ce que la vergogne dictait
Bouche fermée.
Pour un doux baiser sur son front
Rien n’aurait pu baisser sa garde
Tête haute malgré l’affront
Qui trop s’attarde.
Ses souvenirs d’adolescence
Des repas aux regards murés
Autour d’une table encombrée
De ses silences.
Elle s’exila de la maison
Son ressenti en bandoulière
Noué au fond d’un baluchon
Son cœur trop fier.
Par les routes et sur les chemins
Chaque détour la ramenait
A l’aveu de livrer enfin
Son noir secret.
Puis le remords fit son travail
De nuits troubles en jours aigris
Semant la mort en ses entrailles
Pour un non-dit.
Son père quêta à son chevet
Le dernier mot, l’ultime son
Qui de ses lèvres s’échappait :
Juste « Pardon ».

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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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J’ai lu ce poème « bouche fermée et ces silences qui trop s’attardent » me refusent les mots pour dire qu’il n’y a rien à dire.
J’ai lu ce poème « bouche fermée et ces silences qui trop s’attardent » me refuse les mots pour dire qu’il n’y a rien à dire.
Comment exprimer la beauté des mots qui s’unissent harmonieusement pour désigner la mort d’une jeune femme ?