Les trois mots disparus – Jean-Marie Audrain

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

Les nouveaux mots ont chassé les anciens

Surtout ceux n’ayant aucun sens

Désuétude ou évanescence

On parles plus mal que tous nos gamins.

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

Ils me disent wesh, je réponds kénavo

Verbe qui sonne étrangement

On suit des flows trop différents

Le vieux Molière nous reste dans le dos.

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

On découvre en ouvrant le gros Robert

Les mots se sont sexualisés

Le femtech ont chassé les fées

Ticktockers et crackers parlent à l’envers.

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

Derrière les mots se cacheraient des cœurs

Nourris de nobles sentiments

Des valeurs de nos temps d’avant

Etrangères à tous nos easy rideurs

 *

 Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

Ces cœurs sont-ils tous devenus aphones

Ayant perdu un ventricule

Ne gardant que le ridicule

Parlant comme un robot Game of Thrones ?

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon

 *

Bonjour, merci, pardon

A retirer de nos dicos

Vu que personne n’en dit mot

Ainsi le compte sera bon.

 *

A écouter ici en chanson :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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