Le petit Ali – Simone Gibert-

peinture S.Gibert

Par ce confinement,

Ces angoissantes journées,

Ces graves événements,

Pourrais-je vous emmener ?

Dans un pays de dunes,

Où le dépaysement

Même au clair de lune

Serait un enchantement ?

 

Des fleurs s’épanouissent,

Sculptées de vent de sable

Leurs arêtes se hérissent,

Belles, inaltérables.

Mai Ali n’en a cure,

Renfrognée est sa mine,

 

Il est sourd au murmure

De ce vent qui décline.

Père, sur son destrier,

Le laissant, s’en est allé,

Il a eu beau supplier …

Restant à l’écart, allez !

 

Il va bouder pour toujours,

De grandir, impatient,

Son regard des mauvais jours

Fait de lui l’inconscient,

Loin d’ici, qui partira

Pour des contrées où il pleut,

Et ne se retournera,

 

Fier, coiffé du chèche bleu.

Le sabre à la taille,

Comme le fait son père,

Car en cas de bataille,

Il saura quoi faire !

 

La nuit sous les étoiles,

Sur un fond de bleu sombre,

Il oubliera les toiles

Du Caïd, dans l’ombre,

 

L’incendie par le soleil

Du désert en son couchant,

Et des animaux l’éveil

Semblant quelque peu un chant,

Faucon d’un cri s’envolant,

En flèche rayant l’azur,

Le plus beau des cerfs-volants

Décrivant un cercle pur,

Sous la tente, le fumet,

 

Quand mijote le repas,

Et le piment de ces mets

Dont on ne se lasse pas,

Et le marché aux chameaux,

Ou plutôt dromadaires,

(Qui le laisse sans un mot)

Où palabre son père.

 

Un rapace hululant,

Les caravanes passent,

S’arrêtent, un thé brulant

Bienvenu, les délassent.

Tous les ânes de l’Orient,

Qui se mettent à braire,

Devant les enfants, riant,

De concert pour leur frère.

 

La douceur de sa mère,

Lorsqu’un chagrin survient,

Et sa blessure amère

De couper tous ses liens …

C’est la voix de son père !

Son esprit n’est plus gris,

Il oublie sa colère,

Il court, il saute, il rit !

 

©

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Simone Gibert

Simone Gibert (142)

Au MAROC depuis l'âge de7 ans.
Etudes secondaires au Lycée de Jeunes Filles à Casablanca.
dans les années 50.

Au Secrétariat d'une Entreprise de Bâtiment à Annecy.

Deux années passées au SENEGAL.

J'aime la nature, la peinture, je m'essaye à la poésie.

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6 Commentaires
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Christian Satgé
Membre
26 mars 2020 20 h 31 min

Ça fait u bien Simone… Comme tu le dis dans le contexte actuel, le voyage immobile, reste la seule évasion qui nous reste. Bravo et merci pour ces paysages et ces personnages que tu ressuscites si bien.

Anne Cailloux
Membre
26 mars 2020 18 h 04 min

Magnifique écrit qui donne envie d’allez boire le thé au pignons sous le soleil.
trés agréable écrit en ses jours noires..
Baisers
Anne

Brahim Boumedien
Membre
26 mars 2020 15 h 39 min

Merci, Simone, pour le partage de cette belle description de l’innocence enfantine, telle qu’on l’imagine !