Fascination – Véronique Monsigny

J’étais un jour assise en un lieu de transport

Où nul ne sollicite notre temps, nos pensées

Je me suis oubliée à regarder trop fort

Assise face à moi une jeune beauté

 

Son regard alerté d’une trop vive attention

Me fusille soudain de son inimitié

Où je lis cette peur que cause l’intrusion

D’un inconnu au sein de notre intimité

 

L’ange qui jusque là fascinait mon regard

Incarnait devant moi douceur et innocence

Prend soudain le visage de ces hordes barbares

Qui au cœur de la peur ont puisé leur essence

 

La voix que je rêvais douce et mélodieuse

Me dit soudain des mots plus coupant que l’épée

Mon humeur qui était jusque là radieuse

Fût surprise et transie par cet orage d’été

 

On dit que le visage est le reflet de l’âme

Que le silence est or et la parole argent

Ce jour là j’ai appris par l’ire d’une quidam

Que les mots nous révèlent toujours le cœur des gens

 

Pardon belle inconnue d’avoir par cet hommage

Alimenté ta peur et ton ombre virile

Je n’étais qu’en recherche d’une angélique image

Et tu n’as vu en moi que celle du  péril

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O Delloly
Membre
19 juin 2016 18 h 56 min

Très bien composé, oui parfois un regard touchant la beauté peut être mal perçu
Merci

Brahim Boumedien
Membre
18 juin 2016 22 h 49 min

J’ajoute simplement que l’on a souvent tendance à perdre de vue que “tout ce qui brille n’est pas or”.

Brahim Boumedien
Membre
18 juin 2016 20 h 17 min

Certaines réactions ont des raisons que la raison ne peut pas toujours connaître : je comprends la surprise de l’admiratrice, victime de sa sensibilité poétique et imagine les circonstances atténuantes de l’admirée.

Merci, Véro, pour ce magnifique partage !