Treize et trois – Christian Satgé

Quand je veux fuir le murmure de la multitudeLe néant sous le néon, le bêta du bétonEt le marais médiocre des médias, beaufitudeDe cette basse terre où je suis piètre piéton,Je vais où le duvet fou des pissenlits s’envole,Goûter au sommeil de l’herbe, écouter ses bestioles,Le rire des eaux claires et des feuilles le chant,Dans … Lire plus

Cantilène – Christian Satgé

  L’ennui, sans bruit, me fuit. La nuit, sans fruit, s’enfuit. Elle transpire et m’aspire. Il n’y a pas pire. J’écris ce que je crie, et il s’ensuit minuit : Moquerie, jacquerie,… Les mots jouent les vampires ! Je crie ce que j’écris. Minuit m’offre sa suie. La nuit, sans fruit, s’enfuit. L’ennui sans bruit … Lire plus

Le rapté – Christian Satgé

  Petite fable affable   Ressortant gavé du grenier de la ferme,Où il avait fait provende de bons grains,Un rat gris fut surpris par les griffes fermesD’un grand hibou qui lança, pas très malin,Un fort lugubre hululement de victoireQui résonna. Ainsi, commence notre histoire.   Un frère de ce vil rapace attiréPar la chair fraîche … Lire plus

Redemption – Frederic Camoin

Un silence s’accroche à mes doigts La rime est pauvre d’encre et d’illusions Mes syllabes s’inscrivent dans la confusion Ma souffrance représente un tel poids Il est des mots obscurs qui n’entrevoient jamais la lumière Mais il m’est impossible de faire marche arrière. Dans mon imaginaire des océans inconnus Des blessures ressurgissent de mon enfance … Lire plus

Vider sa nasse – Yann Jakez

Vider sa nasse. Encore des larmes, cela fait trop longtemps… Sur mes joues d’adulte, coulent des années si viles. Toujours tant de relents, reviennent au présent, Salirent ma survie, de traces indélébiles… Bien que le temps passe, j’ai encor‘ des nuits de lies, Rien ne les effacent, ni ma vie ni le beau… Secret de … Lire plus

Silence ! Je rêve – Hubert-Tadéo Félizé

Comme une ligne de cœur Et le temps qui s’épuise A travers les dédales de la peur.   Comme une trainée par cœur De milles étoiles qui luisent Dans le reflet d’une froide heure.   Comme un émerveillement De la nature qui s’enlise Dans le sablier arrêté d’un moment.   Comme des graines de fruits … Lire plus

Maigre matinée – Christian Satgé

  Mon oreiller n’en fait qu’à sa tête, Mon drap s’est enfui au plus loin, Ma couette fait des creux, des crêtes Et l’édredon, lassé, s’en est disjoint, Laissé à l’abandon, en désordre, Dans un lit, où à n’en pas démordre, Mon réveil n’est que brutalité Comme ma nuit fut agitée. Yeux collés, cheveux en … Lire plus

Le tatou et la panthère – Christian Satgé

Petite fable affable Sous les taillis, un tatou trottinait,Se frayant, effrayé par des javelines,Une route sûre non sans peiner.Il s’enfuit. Il s’enfouit dans la colline. Terré au trou, le tatou atterréSent une présence.Là, une panthère s’est enterrée.« J’ai bien moins d’aisance,Lui dit-elle, avec toi à mes côtés.Quelle est donc ta race,Mon Ami ?… La Nature … Lire plus

Silence – Maryse Le Lay-Jézégabel Fauconier

Rondel – Silence Je veux entendre le silence Que ne trouble un murmure, un cri… Sombrer dans ma somnolence Afin d’apaiser mon esprit… Fuir au cœur d’un rêve en partance Vers un ailleurs qui me sourit… Je veux entendre le silence Que ne trouble un murmure, un cri… Me plonger dans l’indifférence Face à notre … Lire plus

Presse-toi de paresser – Christian Satgé

Petite fable affable Dans la vierge forêt, un ara s’agitait, Allait et venait. À tous il voulait paraître, En son écarlate livrée, l’air affété, Dans ce décor où tout s’empêtre, s’enchevêtre. Tout en cris, il bougeait, gigotait, chahutait À toutes les portes, à toutes les fenêtres. Un paresseux en vint à se manifester : « … Lire plus

Le rhino’ féroce – Christian Satgé

Petite fable affable Un rhinocéros blanc à l’oeil noir Fuit tous les braillard débraillés Que l’espèce aviaire a baillés À la rivière où cet éteignoir A élu domicile et fait sa loi. Et à la faire régner il s’emploie. Il empoussière aigrettes, hérons Chasse spatules, avocettes, grues,… Brillants comme une écume incongrue Dans l’eau où … Lire plus

Une nuit des beaux jours – Christian Satgé

Cycle toulousain   Mon ami, toi qui es aveugle aux ciels changeants, Sourd aux aveux du vent, sais-tu plus engageant Que ces heures estivales on ne peut plus tardives, Qui, aux lueurs d’incendie du couchant, survivent ?! Ça bourdonne et chuinte sans discontinuité… Au milieu des murs ruinés aux mûres fruitées, Une promiscuité de murmures … Lire plus