L’araignée au plafond – Christian Satgé

  Petite fable affable   Parce qu’il gobe tout, ragot et mensonge, Le vieux Marcel, on le croit bête et niais. Cet innocent se paie en monnaie de songes ; On lui croit donc volontiers une araignée Au plafond avec son éternel sourire : Il n’était rien, n’avait rien et croyait tout ! Pour tout … Lire plus

Fait à la lettre – Christian Satgé

Petite fable affable Vieil et las, un homme, en nos montagnes Vit, sans un bien ni plus de compagne ; Il pleure son fils embastillé, Loin, pour pécadilles enquillées. S’il a échappé à la Guyane, Écrire est leur seul fil d’Ariane. Dans les lettres ainsi échangées On cause du pays inchangé, Du temps qu’il fait … Lire plus

Sagesse égyptienne – Christian Satgé

Petite fable affable Il avançait le long du Nil, houe sur l’épaule, Vers son champ de pruniers, Carré irrigué, à deux pas des nécropoles. Dansaient pagne et panier. Il aimait ces arbres qui poussaient pour des prunes. Un produisait autant Que tous les autres ; à son ombre, fraîche et brune, Il s’abritait du temps. … Lire plus

Un homme en somme – Christian Satgé

Petite fable affable… pas si jeunette Un jour d’automne où la gelée était blanche,Un bûcheron sans âge sciait la brancheD’un arbre s’élevant au-dessus d’un lac. Soudain, maladresse. La scie tombe à l’eauDans un grand fracas qui fait fuir les corbacs.L’homme, tout en pestant d’être si ballot,Pleurait sur les malheurs venant au galopDans une vie où, … Lire plus

Le crochet et le pichet – Christian Satgé

Petite fable affable Faut-il prendre les choses avec hauteur ?! Sur l’éventaire en bois d’un brocanteur,S’exposait là, à la pluie et aux vents,Une crémaillère jadis souventPendue pour des crimes qu’elle n’avaitPas commis, comme un quelconque navet.À ses côtés, se trouvait un vil broc,Venu du temps où on faisait chabrot,Trop cruche, hélas, pour vous jouer encor’Les … Lire plus

Le plouc & les citadins – Christian Satgé

Petite fable affable… sur une idée de FrançoiseCycle pyrénéen Un vieux paysan d’aïci se voit un coupleQui pique-niquait, là, sans fard, dans son préBoire l’eau du ruisseau, les joues empourprées,La main généreuse et le poignet souple. Amicalement, il leur dit d’un seul trait :« Boudu, bebetz pas aquela aigaQue las bèstias i an cagat dedins*. … Lire plus

La loi que valide la mort d’Euclide – Christian Satgé

Petite fable affable Un grand mathématicienEt, peu ou prou, philosopheAu milieu de béotiensMourut, quelle catastrophe,D’une fort sotte façon– Digne de quelque opérette –Qui peut servir de leçonMieux que la fable à Perette. Notre génie passionnéDe l’abstrait et des étoilesNe voit pas que, sous son nez,Un puits sombre se dévoileCar il aimait raisonner,Visage au vent, vue … Lire plus

Jonathan, pas plus ! – Christian Satgé

Petite fable affable “Le Jonathan”, « c’est un mauvais garçon,Il a des façons pas très catholiques– Comme le dit une vieille chanson –Il fait du dégât sitôt qu’il s’explique… »Il se hausse du col, brise tout licolSurtout quand il a bu de ce vil alcoolQui endort en lui l’homme qui effrayeY réveillant la bête qui … Lire plus

Le moineau frileux – Christian Satgé

Petite fable affable Un moineau, avec un certain air de mystèreEt d’importance qui, las, ne contemplait rienQue ses contemporains, regrettait que la terreQui l’a vue naître un jour, lui, le végétarien,Comptât tant de félins, d’ophidiens,… de problèmesPour contrarier, toujours, son repos et sa flemme. Ce qui l’indisposait, c’était l’hiver surtout.Et lui qui ne faisait jamais, … Lire plus

Le jugement d’Hermès – Christian Satgé

Petite fable affable « Vendeur, Voleur ont la même initiale ! » Clamait un marchand d’Athènes, routier Pendant une initiation filiale Aux arcanes de son si dur métier. Il prétendait avoir dupé tout l’Attique Tant il possédait, par Zeus, de sens pratique ; Jamais bon marché, par lui, n’échouait. Quand ce rouleur hâbleur se sentait … Lire plus

Le vent turbulent – Christian Satgé

Petite fable affable Pour se faire, ici-bas, un nom, Mieux une « réputation », D’humeur toujours malgracieuse En respiration maugréeuse, Un petit vent sans cesse soufflait, Et sifflait sans se camoufler. Ruminant sans doute une vengeance, Sans répit ni repos, cette engeance Tirait à hue et à dia Dans l’alentour immédiat Du bois et du … Lire plus