Vingt neuf février – Véronique Monsigny

VINGT NEUF FÉVRIER – Véronique Monsigny

 

L’enfant les yeux au ciel appela de ses vœux

Un ou deux jours d’été au milieu de l’hiver

Et février se vit, pour plaire à ce morveux

Amputé sans procès de deux journées entières

 

Il fit appel bien sûr à un jugement de cour

Certains ont trente jours et même trente et un

Vous m’avez pris des heures mes jours sont déjà courts

Pourquoi réduire  ma vie comme peau de chagrin !

 

L’enfant eut beau plaider en faveur de l’été

Ces mois plein de soleil où l’on joue dans le vent

Le juge pour rétablir un peu plus d’équité

Redonna au plaidant un jour tous les quatre ans

 

Jugement de Salomon surprenant il est vrai

Qui donne à Février un visage mouvant

Un flou où dame nature murit dans le secret

De donner fleurs et fruits pour consoler l’enfant

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O Delloly
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28 février 2016 21 h 47 min

Il se lit comme j’aime; au fond d’une barque jusqu’à l’océan ! Belle plume de salomon

Brahim Boumedien
Membre
28 février 2016 19 h 05 min

Merci, Véro, pour ce très beau poème qui montre que la justice a toujours fonctionné selon le bon vouloir des puissants. Il est dommage que ta robe noire n’ait pas pu obtenir plus pour février. Que lui et ses semblables patientent : il y aura peut-être un jour, une justice avec un Grand J !