Tolérance – Bertrand Grassi

Ils nous ruinent, ils appauvrissent les braves gens.

Ils nous pillent, ils vivent de notre travail.

Ils font le Black Bloc, ils nous menacent.

Ils envahissent nos murs, ils nous déciment.

Ils embrigadent dans des idées hallucinantes.

Ils dépensent l’argent de leurs inconditionnels soutiens,

Ou ils ne croient en rien, et méprisent tous les autres.

 

Qui derrière ces amas ?

Quels soutiens, quels piquets ?

Celui nomade des gitans ?

Celui d’une diaspora triomphante ?

Celui d’adeptes de la Mecque ?

Celui des secrets francs-maçons ?

Celui de ces cathos, que grignote le latin ?

Celui d’un couple monstrueux ?

Le fils inattendu de Staline et Adolphe ?

 

Peu importe, défendons nos enfants !

Marchons contre ces maudits !

Noyons ces hordes dans l’œuf !

Nettoyons nos villes, nos villages !

Soyons intelligents, prévoyants, visionnaires !

Allons de l’avant, affamons le métèque,

Éradiquons le mécréant.

Allons sur leur terre, dans leur foyer,

Arracher la vermine qui pourrit nos garçons.

Dis papa, ça fait beaucoup de gens !

Tu laisseras mes copains ?

Moïse, je l’aime bien, il m’apprend le calcul.

Hamed est un virtuose de la numération,

Et que dire de Jésus qui m’apprend la guitare,

de Joseph, irremplaçable avec les citations.

On s’amuse, on rit, on grandit.

 

Désolé mon chéri, je dois te protéger.

C’est mon rôle, c’est écrit !

Écrit par qui ?

Tous, tous, tous sans exception

Disent qu’un père doit aimer, choyer,

Doit éduquer, nourrir, aider

Une progéniture qu’il a lui-même créée !

Tu épargneras notre famille ?

Impossible !

Mon père est turc et ma mère italienne,

Moi je suis auvergnat et ça n’est pas pareil !

 

Ainsi les idées généreuses de mon réac papa

Ont rencontré les idées généreuses

De Ravachol papa puis de Marx papa,

Celles de papa djellaba et de papa kippa ;

Elles furent confrontées aux incongruités de latin papa

Et aux mauvaises habitudes de vol-papa.

Tous les papas avaient foi en eux-mêmes,

Même les secrets papas que l’on ne voyait pas.

Tous les papas étaient aveugles,

Tous ils avaient raison, tous furent braves.

Jusqu’au dernier, ils ont défendu leurs enfants,

Jusqu’au dernier, et nous mourûmes de faim.

 

La haine balaie alors les idées généreuses,

Les enfants survivants n’ont plus besoin de ça.

La vengeance suffit à justifier son droit.

Depuis la nuit des temps, un papa ça combat.

Il est peut-être temps de confier aux mamans

Un avenir apaisé qui dira aux enfants

Que jouer en ami avec toutes les fourmis

Agrandit l’horizon de la compréhension.

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1 Commentaire
Plume de Poète
Administrateur
22 juin 2026 13 h 12 min

Bienvenue Bertrand et merci pour cette belle introduction poétique.Nous avons hâte de découvrir vos autres textes.
N’oubliez pas d’ajouter votre biographie ou présentation auteur ainsi que votre photo ou avatar representatif depuis votre profil membre afin que les lecteurs, visiteurs et membres puissent mieux vous apprécier.
Au plaisir de vous lire et bonne continuation.
Alain