Léonide, es-tu ma femme ? – René Char – Recueil : “Fureur et mystère” – Musique Jean-Marie Audrain

*

Es-tu ma femme ?

Ma femme faite pour atteindre

La rencontre du présent ?

L’hypnose du phénix

Convoite ta jeunesse.

La pierre des heures

L’investit de son lierre

*

Es-tu ma femme ?

L’an du vent où guerroie

Un vieux nuage donne

Naissance à la rose,

À la rose de violence.

*
Ma femme faite pour atteindre

La rencontre du présent.

Le combat s’éloigne et

Nous laisse un cœur d’abeille

Sur nos terres,

L’ombre éveillée,

Le pain naïf.

La veillée file lentement

Vers l’immunité de la Fête

*

Ma femme faite pour atteindre

La rencontre du présent

*

Ma femme faite pour atteindre

La rencontre du présent

*

A écouter ici en chanson

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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1 Commentaire
Libert Frédéric
Invité
3 août 2026 0 h 53 min

Je ne te demanderai pas : « Es-tu ma femme ? »
Car nul être n’appartient à un autre.

Je te demanderai plutôt :
Veux-tu marcher avec moi,
sans maître et sans frontière,
sur les chemins indociles du présent ?

Que la rose de violence
devienne rose de révolte,
non pour conquérir,
mais pour déraciner les murs,
les prisons et les certitudes.

Aimons-nous sans chaînes,
sans possession, sans drapeau.
Que notre pain soit partagé,
que nos terres n’aient plus de maîtres
et que la fête ne demande
la permission à personne.

Alors peut-être nous rencontrerons-nous,
libres parmi les libres,
non pour nous appartenir,
mais pour nous choisir,
chaque jour,
dans l’éternel présent.