Petit récit “en construction” – Simone Gibert –

peinture S.Gibert

 

Sur notre chantier,

Ils étaient vingt ou plus,

Il fallait charrier

Du ciment, de l’humus.

 

Je plantais mon jardin,

Bien avant la maison

Chacun allait bon train,

Pour savoir la raison.

 

Des gosses étaient là,

De partout s’affairant,

M’inquiétant déjà,

Et s’ils étaient souffrants ?

 

Ils posaient des débris

De gros carrelage,

Ils faisaient peu de bruit,

Comme ils étaient sages !

 

Tout en fin de journée,

J’appelais ces enfants,

Venant à la volée,

Je leur donnais des francs.

 

“L‘école ?” disais-je,

“Il fallait de l’argent,

Où le trouverais-je,

On pense à nos parents !”

 

Je voyais ces gosses,

Sept ans, le plus petit,

Au front une bosse,

Le plus grand, dégourdi,

 

Comme un petit homme,

Qui déchiffre les plans,

Et qui bien raisonne,

N’a pas plus de dix ans !

 

Je les suivais de l’oeil,

Ces gamins courageux,

Afin qu’aucun écueil,

Rien, ne soit dangereux.

 

En les récompensant,

J’ai vu briller leurs yeux,

Ils étaient si touchants,

Mes jours furent heureux.

 

Il avait été dit

De faire une pause,

Matin, après-midi,

Pourtant ici, j’ose …

 

Pause s’éternisant

Pour certains en sommeil,

A mon goût, trop souvent !

Dur était le réveil.

 

Nous buvions du thé,

Chacun prenant son tour,

Un réchaud emprunté,

Et l’air semblait moins lourd.

 

La maison s’élevait,

A chaque palier,

Un bon repas devait

Se partager, lier,

 

Les uns et les autres,

En évitant conflits,

Envie, entre-autres,

Ainsi tous à l’abri.

 

Le chauffeur de taxi,

Des complètes journées

Restait, ici, assis,

Au lieu de sa tournée.

 

“Que fais-tu ? Travaille !”

“Non j’attends les courses !”

Et pendant qu’il baille,

Il montre sa bourse.

 

Il est assez payé,

Pense-t’il sûrement,

Mais il a oublié

Le futur durement.

 

Enfin tout se passe

En phase bonhomie,

Si je me tracasse,

Je n’ai pas d’insomnie !

 

La maison, fière,

Domine alentours,

Ils font leurs prières

Quatre ou cinq fois par jour.

 

Mon jardin devient beau,

On a fermé le mur,

Je trouve mon tempo,

L’océan murmure …

 

©Simone Gibert

0 0 votes
NOTER LE TEXTE

Nombre de Vues:

16 vues
Simone Gibert

Simone Gibert (142)

Au MAROC depuis l'âge de7 ans.
Etudes secondaires au Lycée de Jeunes Filles à Casablanca.
dans les années 50.

Au Secrétariat d'une Entreprise de Bâtiment à Annecy.

Deux années passées au SENEGAL.

J'aime la nature, la peinture, je m'essaye à la poésie.

S'abonner
Me notifier pour :
guest
3 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Anne Cailloux
Membre
21 novembre 2018 20 h 35 min

Plein de nostalgie et d’amour pour ses instants passés loin de nos latitudes.
plein de tendresse.
Anne