Les animaux, nos humbles frères (suite) – Jean-Marie Audrain

     Les animaux, nos humbles frères – Jean-Marie AudrainL’homme et l’animal font partie du monde des êtres animés (nous reviendrons sur ce mot). Or, l’existence et l’harmonie de ce monde reposent sur un entrecroisement perpétuel de massacres : le même est, tour à tour, victime et bourreau. Ecoutons Victor Hugo nous rappeler que « Pour le moucheron, l’hirondelle est vautour, l’agneau broute la fleur, le loup broute l’agneau. Sombre chaîne éternelle où l’anneau mord l’anneau » En résumé ; disons qu’il s’agit d’une loi naturelle où le droit de tuer signifie droit de vivre.

Dans ce sens, l’homme a le droit, un droit dicté par la nécessité, d’utiliser l’animal à son service, de se protéger de ceux qui lui nuisent, d’aménager la nature pour la survie du cycle biologique etc

Mais l’homme aurait-il pour autant tous les droits ? Ces droits vont-ils aussi loin que ses pouvoirs ? Ici éclate la différence entre l’homme et l’animal. Le pouvoir que ce dernier exerce sur ses semblables est étroitement borné et programmé une fois pour toutes par la nature. Celui de l’homme, doué de la faculté d’invention, est pratiquement sans limite. La question qui se pose est donc : Est-il licite de l’exercer jusqu’au bout ?

Une réponse, hélas tardive, a été apporté par la création de la Société protectrice des animaux qui a instauré des zones de protection et légiféré pour limiter les droits de l’homme sur les animaux.

Cette belle intention initiale a dérivé vers les excès que l’on connait et ces lobbys empreints de sensiblerie dénonçant toute consommation de ce qui provient de l’animal. Vu que naissent chez les animaux autant de mâles que de femelles, les écouter signifierait vivre dans un monde avec autant de vaches que de taureaux avec leur multiplication à vitesse grand V. A moins de procéder à une campagne de castration permanente ce qui serait une solution finale navrante.

Il ne s’agit pas de rêver l’impossible, mais de trouver un équilibre entre la sensiblerie et l’indifférence, entre la conception de l’animal considéré comme de la manière brute et celle qui en fait un jouet de luxe, un enfant gâté, une idole.

 

Citons en conclusion ce que disait un vieil évêque suisse : « On lit dans l’Imitation de Jésus Christ « Toutes les fois que je me suis trouvé au milieu des hommes, j’en suis sorti moins homme » et aussitôt il ajouta « et bien moi, chaque fois que je vais parmi les bêtes, j’en sors moins bête ».

Dans une prochaine méditation, nous reviendrons sur les thèmes de la souffrance qui touche l’homme en même temps que l’animal.

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Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (332)

Né d'un père musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Anne Cailloux
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13 janvier 2022 20 h 13 min

Plus proches des animaux que des hommes. Pourquoi donc..