Le tremplin de l’Abbaye blanche – Autobio Tome LXXIV – Jean-Marie Audrain

 

LXXIV – Le tremplin de l’Abbaye blanche

Vous avez lu, au chapitre consacré à Louise, que j’avais eu un véritable coup de foudre pour la communauté du Lion de Juda et de l’Agneau immolé qui deviendra la communauté des Béatitudes.

Après la découverte des frères et des sœurs de cette communauté, après avoir sympathisé avec leurs fondateurs et avec leur arrangeur-chef de chœur, Frère Pierre Etienne, j’ai ressenti de désir de mieux connaître cette communauté nouvelle. Après avoir participé à deux sessions à Ars, j’ai rejoint le noyau fondateur à Cordes sur Ciel. On s’y sentait en effet très proche du ciel, la beauté de la liturgie et du lieu aidant !

La même année, j’ai voyagé entre plusieurs de leurs monastères, chacun ayant une mission propre. D’abord celui de Nay, jouxtant Lourdes, la communauté des jeunes. Ensuite Saint-Broladre, en Bretagne, pour la réalisation des mensuel Feu et Lumière comme Etincelles (pour les enfants) ainsi que les cassettes vidéo et audio Maria Multi Média. Enfin l’Abbaye blanche, à Mortain, à côté de Vire en Normandie, le monastère des artistes. Chaque moniale, chaque moine avait vécu une expérience édifiante de conversion et d’attribution de mission par frère Ephraïm.

La personne qui m’avait le plus marqué était sœur Catherine, une magnifique danseuse étoile.

Lors d’un séjour de ski, elle chuta profondément dans un trou autour d’un sapin. Elle appela sans être entendu durant deux jours. Elle eut tout le temps de méditer et de relire toute sa vie. Elle finit par invoquer Dieu en qui elle ne croyait pas et lui dit ceci : Si Tu existes, sors-moi et là et moi je te donnerai ma vie. C’était la seconde nuit. Au matin des skieurs la sortirent du trou et une fois réchauffée, elle alla dans le premier monastère qu’elle trouva pour parler de sa promesse. IL s’agissait d’un monastère de la communauté du Lion de Juda et de l’Agneau immolé. Il y suivi les année de discernement habituel : noviciat et postulat précédant ses vœux temporaires, puis définitif.

Frère Ephraïm, lors de la messe des professions monastiques, reçu dans la prière qu’elle devait s’appeler sœur Catherine. Durant dix ans, elle mena une vie de prière et fut nommée « Bergère » de l’Abbaye Blanche. Ephraim composa à cette époque une cantate eucharistique. Il la voyait chantée et dansée, aussi demanda-t-il à sœur Catherine d’imaginer une belle danse sur chacun des chants ; Sur le moment, elle lui répondit que cela lui semblait irréalisable ayant arrêté de pratique la danse depuis plus de 10 ans. Malgré tout elle releva le défi, se vêtit d’une grande capeline blanche qu’elle fit danser au-dessous et autour d’elle tandis que le chœur interprétait dans la même chapelle romane la merveilleuse Cantate Eucharistique.

Dans le même monastère on pouvait rencontrer un couple, Serge et Pascale, lui devenu maître verrier, spécialisé en vitraux, et elle dessinatrice pour enfants pour le mensuel Etincelles. Ou encore Dominique le photographe de Feu et Lumière, des danseuses, des musiciens et même le groupe de rock chrétien Totus Tuus. Je ne puis que citer sœur Esther qui continuait à peindre durant les offices tant, pour elle, ses peintures étaient comme ses prières Je me sentais vraiment comme un poisson dans l’eau dans ce monastère, après deux séjours consécutifs.

A cette époque, j’étais responsable de la formation humaine et religieuses de jeunes du collège Stanislas à Paris et le chantre des messes du matin. Après quelques mois de réflexion, je sentis poindre en moi le profond désir de faire le point sur ma vocation. Pour cela je souhaitais être accueilli pour une retraite de discernement à l’Abbaye blanche. Pour cela il me fallait joindre Sœur Catherine. A cette époque, l’internet n’existait pas encore. Restait la prière. Alors j’ai demandé au Seigneur de me guider. Au moment de monter dans la rame de métro à Montparnasse, je tombe nez à nez avec sœur Catherine qui allait en descendre. Je lui demande aussitôt : « Vous êtes bien sœur Catherine » et elle de me répondre « Je suis celle qui demandait à Jésus de m’envoyer un ange pour m’aider à porter ces2 lourdes valises jusqu’au train qui me ramènera à mon monastère. Et je suis bien, en effet, sœur Catherine, la bergère de l’Abbaye blanche. Le temps du trajet je lui fis par de ma demande et elle me posa de multiples questions avant de conclure : « Tu as une licence de philosophie et une de théologie, si tu te poses la question de l’appel, il ne te manque plus que le discernement en Eglise. »

Elle me proposa de passer les 15 jours de vacances de Pâques dans son monastère, partageant les taches communautaires. A mon arrivée, elle me confia tout spécialement à la prière de Frère Pierre Aguila, qui était précédemment berger du monastère de Jérusalem. Durant cette quinzaine, je le voyais œuvrer à l’extérieur sur la restauration de la statue de la Vierge et de différentes parties de la charpente, car France 2 allait envoyer ses reporter afin de tourner sur place le documentaire Les clins d’œil du St Esprit qui serait diffusé dans l’octave de Pâques.  Je pourrais dédier une page à ce tournage et à toutes ses péripéties plus improbables les unes que les autres.

Au terme de cette quinzaine, toute la communauté avait prié pour moi, même si Frère Pierre Aguila s’y consacrait en continu. Bien évidemment je priais dans la même perspective de la lumière sur ma vocation, dont la question Abbaye blanche or not Abbaye blanche.

La même réponse fut reçue par tout le monde : ma vocation n’était pas dans les monastères, mais dans le monde.

 

Je repartis donc sans l’ombre d’une déception, sachant que ma vocation m’attendait au cœur de la ville. Restait à trouver laquelle !

 

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Jean-Marie Audrain

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Né d'un père musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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