
Depuis quelques jours, un théâtre de province a fermé ses portes. La pièce qui était à l’affiche pendant plusieurs années a donné sa dernière représentation le jeudi précédent.
C’est donc un rideau de velours rouge grenat qui est tombé définitivement sur la scène et à moins d’un miracle, il ne se relèvera pas de sitôt.
Chose curieuse pour cet endroit, aucune personne n’était là pour assister à la dernière. Même chose pour les employés travaillant dans ce théâtre. Cela allait des techniciens en passant par les maquilleuses, les électriciens…
Tout ce qui constituait un ensemble exerçant à cet endroit était étrangement absent. Seuls les acteurs étaient présents. Ils connaissaient leur rôle par coeur pour les avoir interprétés tant de fois durant toutes ces années passées.
Ce soir là, ils jouèrent la pièce de façon machinale, sans aucune conviction, comme s’ils étaient pressés de passer à autre chose…
Pourquoi cette étrange attitude ? Tout simplement parce qu’ils savaient, les uns et les autres, qu’ils ne se reverraient jamais une fois le rideau tombé.
En effet, avec le temps, un fossé s’était creusé entre les différents acteurs et les circonstances de la vie avaient fait que quelques membres de la troupe avaient pris leurs distances de façon volontaire avec les autres, les plus âgés.
Ils laissaient donc derrière eux ces derniers, complètement détruits…
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Bonjour Odile,
Ce que tu décris très bien dans ton récit, c’est un reflet de la Vie.
Tout est mouvement.
Rien, la plupart du temps, ne subsiste.
Dans un groupe théâtral, c’est la même chose. Certains restent, d’autres partent, certains encore prennent la relève : c’est “le cycle logique d’une Vie.” (sauf exception)
Je le dis fréquemment : c’est la Condition Sociétale et Humaine.
Pour le Pire et le Meilleur.
Cordialement.
G.L.