Domestication – Camille Moureaux

Domestication

Je n’ai peut-être pas compris le sens de ma vie mais j’ai au moins compris que je ne devais plus le chercher. On appel ça le lâcher prise, pour certain je crois que c’est de la méditation ou alors de l’inconvenance.

Je ne suis pas sérieuse, je ne suis pas drôle non plus. Les mots recouvrent pour moi une gravité dramatique à la fois ironique et fictives. Je ne peux plus me concentrer pour donner du sens à ce que je ressens car j’ai l’impression de me perdre dans cette obstination à me rendre intelligible. Je ne suis pas, je ne suis plus. Je ne vais pas vous épargner, mes phrases seront longues et lourdes. Je veux vous perdre dans ce récit, ne pas laisser trop d’indice, je veux vous faire ressentir ce que je ressens face à ces obligations d’existence. Une métaphore sans image, un analogisme sans référence, un curriculum vitae mort né oui un avortement en gestation.

Je n’ai aucunes bonnes intentions, et vous n’avez aucunes obligations, vous pouvez à tout instant décider de détourner les yeux de ce texte, cela s’appelle le libre arbitre, liberté. Je dois me demander oui j’en ai l’obligation, liberté, je dois me demander ce qui me pousse à rester, quel est cet impératif d’exister, est-ce cela la liberté ? Nous ne sommes pas libre de vivre et pourtant cela est notre point de départ. Rationnellement puisque tel est la raison, il n’y à aucunes justification de ma présence ici bas, je ne changerais rien.

J’ai appris, j’ai étudié avec une concentration folle et une volonté de feu, à tout détruire. Je me suis obstinée dans la débauche pour me faire ressentir mon existence, cela s’appelle la lâcheté. Avec une aisance déroutante, je me suis ravisée et métamorphosée en la personne la plus éloignée de qui me définissait. Où est la Raison ? Tu ne peux pas me saisir car je te prouve que nous ne sommes que fiction. Ou tu ne peux que trop me comprendre car tu es le mieux placer pour savoir que tu n’es que fabulation.

Dis moi de pleurer quand les événements sont tristes et dis moi de sourire quand l’amour fait fondre la glace de cette inconsistance. Je ne ferais pas la distinction entre ces émotions, je ne veux plus croire en cette fragilité, où est la Raison ? On ne peux pas raisonner, c’est une impasse, oui nous sommes fait de glace, un reflet aqueux prisonnier de son propre élément, humanité le cycle imperturbable des contradictions, oui gavons nous en. Cherchons encore à exprimer, ah ! Être sensible, partage par delà la raison c’est de cela que l’art se nourrit, partage mais quoi, la même lamentation, ce qui me touche n’est qu’un écho de ce qui me ronge. Qu’a tu à m’offrir toi l’artiste si ce n’est que le reflet de ma propre souffrance ? Alors lamentons nous si c’est cela qui nous fait exister, mais ne me parlez pas, restez muets, et désobéissez moi.

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