Des gens ordinaires – Bernadette Laroze

Nous n’existons pas vraiment

Nos noms ne sont écrits nulle part

Ce ne sont pas des noms à part

Dans les livres d’histoire

Nous ne pouvons les voir

Ils existent sur les tombes seulement.

Ils existent sur  les monuments aux morts.

Et pourtant des routes nous avons construit

Des maisons, des églises et des cathédrales aussi

Des châteaux et des palais

Pour les aristocrates se vantaient

Nous avons érigé là encore.

 

Nous, les sans nom

Nous avons construit des hôpitaux

Des ponts des écoles et la liste continue

Nous avons peiné l’échine fourbue

Nous avons nourri une nation.

Nous avons cuisiné, cousu

Repassé, nettoyé,

Lavé, enseigné, soigné.

Nous avons acheté.

Nous avons vendu.

 

Nous avons été de toutes les guerres

Nous avons eu faim

Nous avons vu la fin

Nous avons souffert.

Nous avons traversé les continents

Nos fils ont servi les royaumes et les républiques

Et ils sont  revenus au milieu du public

À la demande du gouvernement.

De médaille nous n’en avons point

Pas de fanfare rentrés au terroir

Sans aucune gloire

De remerciement encore bien moins.

 

Nous sommes des inconnus

Sans histoire

Et sans gloire

Nous n’avons ni visage

Ni image

Nous sommes juste des refus.

Nos noms ont disparu

D’autres ont fleuri

D’autres se sont flétris

Et ainsi il s’en fut.

Nous ne sommes que des gens ordinaires.

 

©B Laroze

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Bernadette Laroze

Bernadette Laroze (92)

Je suis née en Bourgogne.

Mon mari, mon fils et moi sommes partis au Canada où nous sommes restés un peu plus de trois ans. Nous avons
vécu dans un petit village minier au nord de la Province de Québec et ensuite nous sommes allés à Montréal puis Toronto.

Nous avons ensuite émigré aux États-Unis à Fort Lauderdale en Floride où nous nous sommes ancrés à vie. Mon deuxième fils est né en Floride.
J’ai fait de nombreux voyages en France, et tout a cessé
lorsque mes parents sont décédés.

Merci de me lire.

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Anne Cailloux
Membre
8 janvier 2019 20 h 28 min

Nous sommes tellement peu de choses
de passage furtif, dans 100 ans oublié de tous, même de ceux qui nous rendent immortelles en parlant de nous;
bel écrit… tellement vrai !
Anne

Nguyen Thi Minh Hon
Membre
8 janvier 2019 17 h 22 min

Merci pour ce très beau texte qui parle pour les millions de français qui ont construit cette nation exceptionnelle, avec un caractère et une beauté uniques, irremplaçable, qui j’espere ne s’abaissera pas à devenir un pion neutre et globalisé consumé de consommation.

Christian Satgé
Membre
8 janvier 2019 13 h 34 min

Un magnifique travail de reconstruction d’une mémoire “nationale” déconstruite par ceux qui trouvent intérêt à surtout ce que nous soyons des “sans non” ! Bravo et merci pour votre partage…

Lise Beverly
Membre
8 janvier 2019 12 h 02 min

Bonjour Bernadette , très belle analyse dans ce poème… mais mis bout à bout c’est ce qui construit notre patrimoine et reconnaissez que chaque être a sa juste valeur, chacun dans son domaine…. Amicalement poétiquement. Lise.