Une vie d’écriture – Patrice Merelle

 

CouleursJ’écris comme une quête d’identité, complexe sans silence, le crissement de la plume sur le papier rugueux ; Le crissement d’une danse d’acier à la voilure d’une plume d’oie. Ma foi, j’écris pour vivre, conscient que mes morphèmes voyagent avec le temps, le temps d’une lecture. Sans aucun effort, j’écris pour vous plaire ; J’ai déposé une feuille blanche dans mon cœur, l’encre est devenue mon sang. Simple et agréable, je me mets à table pour narrer une histoire impromptue, imprévue, peut-être déjà vue, ou encore lue.

J’écris comme chasse le faisan, le chasseur avec son fusil ; mais mon ustensile est tout autre, il s’aiguise de patience, il se déguise de votre appétence. Créer, décrire et écrire une histoire pour voir votre regard s’illuminer de convoitise attise un plaisir sans failles insaisissable et tellement agréable. Je cherche et recherche les bonnes rimes, la prose et la nouvelle qui se sont enfouies dans mon subconscient. Une histoire d’amour, une histoire de tous les jours, dans une tour, au pied levé d’un pont-levis, je tourbillonne et je foisonne de mots qui s’immiscent dans le texte.

J’écris des phrases en phase avec le temps, janvier c’est fête, la nouvelle année qui revient avec des textes du cru en attendant le mois suivant ; février, j’effeuille le calendrier, l’épiphanie se fane lentement de mes textes, récompensé de galette, de crêpes avant les vêpres et de mets délicieux. Mars m’attend sur son pied de guerre, avec ce Dieu je ne sais jamais où je vais ; Ah mars, ces pluies fines et délicates comme une rosée de champagne. Avril, je ne me découvre pas trop, j’en perds parfois le fil et j’en reste un peu pantois. L’exercice peut s’avérer difficile. Mais qu’importe, je prends la porte à bras le corps, et j’ouvre grande ouverte aux idées qui arrivent à moi.

Mai, je fais un peu ce qui me plait, c’est le mois de Marie parait-il, soit. Écrivons sur Marie ; je ne l’ai pas vraiment connu, un joli brin de fille qui ressemble au muguet, son parfum envoûtant me tente, c’est ce que j’ai retenu d’elle en y pensant. Juin, comme un appel à mi-parcours, je repense au général qui me renvoie à l’histoire. Je combine l’actualité avec le passé, pour offrir au présent mes plus beaux atours.

Juillet se marie avec août, deux mois savoureux où se prélasser équivaut à plusieurs textes abandonnés sur les plages de sables fins, ou de galets si on aime les falaises d’émeraude. Maud m’accompagne en pensée, comme un soulagement, loin du désarroi des villes, je me conviens d’un rendez-vous littéraire à une table de café ; à une table de café, oui mais avec vue sur la mer.

Septembre me rappelle ces premiers baisers échangés entre collégiens, loin du tumulte des adultes. Comme une Sainte-Victoire dépeinte et peinte mille fois par des centaines d’artistes plus ou moins illustres. Je sélectionne les clichés intemporels de ma mémoire. Je reconstitue un puzzle oublié parfois avec des mots simples et complexes, mélangeant les genres avec une harmonie qui m’est propre.

Octobre, comme une vieille forteresse imprenable, je me réfugie dans les souvenirs, l’automne s’annonce bienfaisante, jamais mécontente d’elle en son retour. Pur comme la pluie, octobre me ressource, même si son arrivée m’amène déjà en pensée vers l’hiver et les fêtes de fin d’année. Il y a des frémissements que nous ne pouvons pas retenir, ni revenir. La préparation de ces jours, des cadeaux le mois suivant.

Novembre, mystérieux mois de brumes et de brouillards, a su attiser en moi l’espérance de l’errance et du fugace vagabondage sans âge à travers les vieilles ruelles de la ville.     Pourvu d’un manteau épais blanchâtre, je me déguise légèrement trempé d’une nappe de secret élogieux. Je traverse des vestibules silencieux, des autels appropriés à la paix. Sans hésitation, je me mystifie dans des monastères de mots dédiés à de longues heures épanchées aux odes et à l’aubade.

Décembre est une sélection de conquête sur soi. L’année s’achève et se meurt pour renaître encore plus belle. C’est une juxtaposition de bien-être et de rapprochement entre les individus ; C’est une table rase du passé aux aléas de mon écriture, je fais le compte et le décompte d’une année, une rétrospective qui m’appartient et dont j’offre les plus belles heures à mes lectrices et lecteurs. Ils attendent, les yeux ouverts, le bilan poétique, les dernières nouvelles qui ont déserté mon subconscient pour se les approprier à nouveau, comme un cercle sans fin. Et de ma forteresse imprenable durant cette année, j’ouvre les vannes pour laisser échapper le nectar qui foisonne dans mon écriture.

Prenez, dévorez, ceci est mon style d’écriture, ceci est ma vie qui s’accompagne de mots et de phrases qui en font une si belle retenue, un lac précieux de désir. C’est volontiers que je vous l’offre.

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