Libération de la parole – Lucie Guittard

 

    Le paradoxe d’une mort instantanée ne prend tout son sens que devant une destinée désenchantée par ce sentiment de culpabilité criblé de pensées égarées par la difficulté, jusqu’au grand moment de voir devant ses yeux la vérité éclater.

    Il s’intensifie et ressurgit ce ressenti qu’il y a eu une atteinte à ma vie, ma mémoire surgie à toutes heures du jour et de la nuit me laissant seule face aux souvenirs, terrassant tout ce que je suis ici sans être bien sure de savoir qui m’a démoli.

    27 ans se sont écoulés, et mon corps lui n’a pas oublié ;  il vient même de me le rappeler, et tentant même de me faire comprendre pourquoi je n’arrive pas à me détendre, pourquoi je suis dans les méandres d’une névrose indépendante de ma volonté.

    Je m’enfuis en espérant trouver un coin de paradis? Ou je me dresse ici contre le défi qui m’a été attribué pour triompher de mon ennemi juré, appelé libération et thérapie quant à la douleur qui m’endurcit, peut-être devrais-je lui dire merci?

    On ne comprend en réalité ce que l’on a perdu, que lorsque la partie sonne la fin des festivités ,et de voir s’effondrer tout ce que l’on a construit, tout ce que l’on a cru aimer, tout ça va nous manquer une fois rétablie la cruelle vérité.

    La vie c’est une perpétuelle ruine que l’on reconstruit nuit après nuit, et non sans cris, devant une lune assombrie, pleurant tous ceux qui nous ont démoli, mais chérissant intensément ceux qui nous soutiennent et prient.

     Mon esprit restreint ce qu’il s’est passé dans mes jeunes années, mes souvenirs restent encore bloqués, et pourtant mon subconscient et mon âme essaient de les faire remonter, la douleur réapparaît et mon psyché, lui, a trop peur de cette fatalité.

    Ma petite fille intérieure se réjouit de me voir munie de conscience prête à en découdre avec la vie et mes blessures aujourd’hui démunies, lentement mais sûrement se disloquent, pour laisser place à la guérison de cette terrible tragédie.

    En parler c’est déjà se libèrer. Et se libérer c’est gagner. Reprendre le contrôle sur sa vie, c’est montrer à son bourreau que la vie se reconstruit même lorsque nous avons été plus jeune démolie.

    En mémoire et en hommage à toutes ces petites filles et petits garçons abusés physiquement, moralement et sexuellement .

    Notre combat c’est de continuer et de vivre en personne libre.

    Amour et paix à tout ceux qui se sentiront concernés.????????????

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    ©Lucie Guittard –  07/09/2020

 

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ChanTal-C
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9 septembre 2020 15 h 40 min

amour et paix, comme tu le dis !
merci