Les fléaux – Christian Satgé

Petite fable affable
Matin Catastrophe rencontra Cataclysme 
Quelque part sur Terre, en une île ou un isthme :
« Mâtin, Monseigneur, lui fait-elle, combien 
Je suis aise  de vous voir enfin. Le malaise
Me guette : vous êtes dans notre art si balèze !
Chacun sait qu’avec vous, il n’est ni biens
Ni vies qui tiennent et tous les Hommes en perdent
Le somme, ayant beau jeu de tempêter
Contre vos arrêts qui dans la plus noire merde
Les plongent pour des temps pouvant se répéter.
 
– Hélas, Madame, j’ai ce pouvoir en ce monde !
 
– “Hélas”, Messire ?…  Mais si moi , fort, on me craint,
Vous, on vous redoute comme calamité immonde.
Avec moi ne vient que la peur, nouveau grain,
Épreuve du jour. Triste fatalité en somme,
Qu’on n’oublie mie mais dont Dieu console l’Homme.
Mais vous, c’est terreur, désastre et drames semés,
Affliction sans fin ni fonds et cents détresses
Récoltées. Je jalouse, j’avoue, votre adresse…
 
– Mais qu’y a-t-il d’enviable à ne point être aimé ? »
© Christian SATGÉ – Octobre 2020
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Christian Satgé

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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