Les Défis du Pacifisme (extrait 1) – Caroline Pivert

 

daesh

Pourquoi Daesh s’en prend à la Culture

 C’est bien connu, et surtout cela a très bien été conceptualisé par des anthropologues tels que Lévi-Strauss : Culture et barbarie s’opposent, comme l’humanité et l’animalité…

Et aujourd’hui plus que jamais peut-être « civilisation » et « chaos » se font désormais face…

De nouveau, sans raison ni même prétexte, pourrait-on dire, si ce n’est la volonté brutalement affichée de choquer en commettant des actes graves mais « gratuits », sans logique apparente, l’on s’aperçoit qu’une immense part d’irrationnel guident les « passions malheureuses », car dénuées entièrement d’éthique, même religieuse, des terroristes de Daesh.

Car il ne peut y avoir ne serait qu’une once de piété, au sens propre, dans ces attaques faites à la « culture humaine ». Lorsqu’en plus il s’agit de la sienne propre !

C’est à se demander vraiment où sont les ressorts profonds de la problématique qui entoure ce qui, au cœur même du monde musulman, a décidé d’« œuvrer à anéantir », paradoxe, toute forme de vie artistique, culturelle… Tout vestige du passé, quel qu’il soit !

Cela ne peut avoir nom que nihilisme, anarchie… Non ?

Voire c’est du « sensationnalisme juvénile », ce qui nous renvoie aux aspects profondément psychologiques, voire psychiatriques de ces derniers et de ces conflits !

Seraient-ils donc tous en effet pris de « folie », ces cœurs muets face à toute forme de Vie ? Tout n’existe-t-il que dans les Cieux aux yeux de tous ces jeunes prêts à mourir… Pour rien ??

Car dans les débris confus et sous la braise encore chaude de cet « incendie » à grande échelle où est le « projet de société » qu’est censée porter toute tentative d’expansion, et d’autant plus lorsque celle-ci prend la forme d’une guerre sans visage… sans raison ?

L’on doit évidemment se demander où se situe le fondement de tels actes de saccages, pendants d’un terrorisme en partie « nouveau » qui est sans conteste devenu de plus en plus incompréhensible aux yeux des simples lois de l’entendement.

Le terrorisme culturel, du reste, a refait son apparition !

Refait, oui, car c’est l’Histoire qui se répète hélas, c’est, une fois de plus, sur la pente vertigineuse de révolutions prétendument « culturelles » – expression on ne peut plus inadéquates en de tels contextes ! – de type totalitaire, que se creuse l’impasse devant laquelle nous avons tant de peine à sortir aujourd’hui.

Souvenons-nous, puisque l’examen du passé est la première source d’apprentissage de la vie en société, que le passage est comme obligé, pour des « groupements humains », quels qu’ils soient, d’en passer par l’Education, condition de l’ouverture aux arts et à la culture de façon globale, pour s’affermir en tant que société et même civilisation.

Souvenons-nous aussi et surtout, des autodafés nazis, des prohibitions culturelles de toute sorte, de la propagande communiste en URSS également, jusqu’à l’époque des exterminations politiques au nom de l’instauration d’un prétendu d’un « renouveau culturel », en Chine ou au Cambodge. Une seule réalité en est ressortie : la destruction d’un héritage

Sans mémoire historique, cependant, comment venir à bout, en quelque sorte, de notre propension humaine à créer, à construire, à se projeter dans l’avenir ?

Une frénésie de destruction s’est donc emparée d’une partie, fût-elle infime, fût-elle cachée sous le voile maudit d’une hypocrisie majeure, ou d’une ignorance presqu’endémique qui consiste à renier un passé pourtant souvent glorieux, des traditions séculaires souvent fascinantes, de ces rebelles de la paix même des statues et des pierres…

On peut avancer que ce rejet violent des représentations terrestres du monde tel qu’il est, fait, à l’image du refus d’illustrer le Prophète, partie intégrante, définitivement, de ces traditions nuisibles aux sociétés quelles qu’elles soient, et, plus encore que de demeurer authentiquement moyenâgeux, c’est de l’ignorance, c’est de l’absence d’une « bonne » Education qu’il se nourrit.

Et puis c’est, enfin, de l’illusion ! Que l’on peut vivre sans les réalités, les beautés voire les plaisirs « terrestres » au nom d’un « paradis » qui vous appelle en vous promettant tant de gloires… pourtant si incertaines pour ne pas dire absurdes.

Si la beauté, si les œuvres de l’esprit, si l’art de façon globale, qui nous « arrache », pourtant, à notre contre condition animale, tribale, ne trouve pas grâce dans l’absurde logique de ceux qui s’aliènent ainsi eux-mêmes, c’est à se demander ce qui peut motiver, inspirer une haine qui, s’attaquant directement à un héritage qui, seul, en tout état de cause, pourrait servir de fondation à ce qui n’est même pas un « embryon » d’Etat…

Pour ce qui nous concerne, nous, mais aussi l’Humanité toute entière et son devenir, nul nous semble-t-il ne peut se « passer » de le connaître et de le comprendre pour évoluer et, disons-le, de manière pacifique justement – car tel est le but de la culture, non ? que d’exprimer à travers l’échange, la représentation sous toutes ses formes, les sentiments et remous de l’âme universels… Et surtout jusqu’à sa propre identité !

Puisque l’Art, ayant pour finalité le Beau, le Vrai ou le Bien (la « troïka platonicienne ») fait partie intégrante de notre imaginaire commun, à nous les hommes, et puisque l’Histoire ne voit pas non plus ses progrès se réaliser sans toute cette culture, positive,  en héritage, ne restera bientôt pour Daesh, voire, si le « massacre continue », pour la vieille civilisation syrienne, par exemple, qu’une paradoxale «organisation du chaos »…

Ou, disons-le plus clairement, tel que l’autoproclamé « chef de l’EI » en Afrique, le tristement célèbre Boko Haram, l’a bien fait comprendre, il ne faut rien attendre au-dehors de l’Islam, de l’instauration d’un nouveau « califat »… Si ce n’est une « Gestion de la barbarie » au quotidien – vous savez, ce véritable guide pratique de l’EI que l’on trouve à présent partout, et étudié jusque chez les plus grands universitaires américains…

Mais, dit-on, « la culture reste ».

Et il faut bien la distinguer de l’Education, qui peut être malveillante, et tend on le sait à la dénaturer, à la conditionner pour d’autres fins… Elle qui, dans un autre sens, prise en tant qu’ensemble de valeurs, n’a pour finalité que de souder toujours plus les sociétés, les différentes communautés entre elles…

Et c’est cela qui la rend, qu’on veuille ou non se le dire, si ce n’est invincible, du moins inévitable !

Du moins est-elle pétrie de résistance de par la mémoire que des hommes lui confèrent.

C’est l’Education par exemple qui imposera la laïcité aux jeunes esprits, quelles qu’en soient les origines culturelles, en France du reste, au sens strict. Et la Culture se passe le relais de générations en générations, et notre devoir serait d’en sauvegarder l’héritage. Cette Culture qui est, qu’on le veuille ou non aujourd’hui, multiple… d’autant plus à l’heure de sa grande « mondialisation ».

Oui, de multiples cultures doivent cohabiter, ou c’est le chaos.

Et il est à proprement parler fou, de voir ces jeunesses égarées et sans espoir de vaincre, puisqu’elles s’en prennent à des biens universels, comme face à des fantômes de leurs réelles identités, et qu’elles ne connaissent sans doute guère, et qui, au-delà, s’attaquent à la pensée d’un monde pacifique, hélas…

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Caroline Pivert (20)

Née en Polynésie française de deux parents tous deux navigants, j'aurais toute ma jeunesse profité de cette opportunité pour parcourir le Monde. Une chose parmi tant d'autres a planté en parallèle ses racines dans ma vie: Les mots et leur poésie.

Les romans sont un peu comme des chansons à mes yeux. Il est plus facile de comprendre le monde quelquefois sous cet angle, mélodies éphémères et pourtant si profondes, que sous les lois de la politique et du "marché".

Je publierai régulièrement des poèmes sur ce site.

En espérant vous voir les découvrir,

Caroline Pivert

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Mickael Pin
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18 mai 2016 5 h 17 min

“…….. s’opposent, comme l’humanité et l’animalité” (sic) Tout est dit, le reste n’est que remplissage … Quand les loups sont entrés dans la bergerie, les en chasser ne fait que reporter le massacre de nos brebis. Donc, il faut les abattre …. Après avoir condamné les félons qui leur ont ouvert les portes ….