Bonjour – Jean-Marie Audrain

Bonjour !

C’est un mot qui nous échappe machinalement par oral ou par écrit. En comprenons-nous le sens en le laissant s’échapper de notre bouche ou de nos doigts ?

A l’époque des films et des livres aux titres colorés (L’herbe bleue, Soleil vert etc) circulait une phrase nous apprenant à relativiser nos certitudes : Viendra le jour où le jour ne viendra pas.

Un proverbe africain circula ensuite en écho à cette citation chère aux hippies : « Le jour éloigné existe mais celui qui ne viendra pas n’existe pas ».

Et Lavilliers de trancher avec le refrain de sa chanson Plus dure sera la chute dans laquelle on entend : « Un soleil noir et lourd qui obscurcit le jour fonce sur ma planète. ».

En ces années-là, on évoquait la fin d’un monde. Mais Ionesco dans sa pièce Le roi se meurt nous fait comprendre qu’il faut toujours se préparer à partir et que quand le monde nous perdra, cela sera ressenti par nous comme la fin du monde.

Cela nous ramène à la fois à l’étymologie du mot Bonjour et à un thème déjà abordé : rien n’est dû, tout est don. En effet, dans la pensée grecque, chaque jour, tout le monde ne reçoit pas la même part du gâteau de bon-heur, de bon-jour. Se souhaiter bon jour et bon heur revenait à souhaiter la meilleure part du gâteau, de la Moïra, le sort de chaque vie.

Ceci nous incite à accueillir chaque jour nouveau comme un don du ciel. Aucun ne ressemble à un autre, aucun n’est que la suite du précédent. On peut même dire qu’il faut tout miser dans le jour qui vient car comme le disait Sonia Lahsaini : « Un jour j’irai, un jour je ferai, un jour c’est déjà trop loin ».

Revenons alors aux mots de Victor Hugo : Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai ».

Qu’un jour viendra où le jour ne viendra pas pour nous, ce n’est pas de la poésie. Même la théologie nous dit que chaque jour est l’œuvre de la création continuée de Dieu. Dans leur langage, le bouddhisme et le brahmanisme nous disent que ce monde et le rêve de Dieu et que, si ce Dieu se réveillait, le monde cesserait d’exister.

Il ne nous reste à conclure qu’il ne faut jamais remettre au surlendemain le jour qui vient.

Lui seul est le cadeau certain que nous sommes appelés à accueillir, remerciant le ciel le matin pour son don et le soir pour toutes les grâces, tous les bienfaits reçus durant la journée. A nous, rien n’est dû, tout est don. Envers Dieu il en va de même. Rendre grâce pour chaque jour matin et soir est un don qu’il ne faut pas omettre faire remonter vers lui.

 

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Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (683)

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial. Malgré tout il vient d'autoéditer le florilège de toute en vie et dans tous les syles : https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM et d'écrire des chansons pour 3 CD d'Ophélie Morival (puis pour d'autres voix amies) : https://www.youtube.com/watch?v=Q0bvWkljrlw.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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2 Commentaires
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Brahim Boumedien
Membre
9 mars 2022 22 h 11 min

Merci pour ce partage intéressant et utile : le “carpe diem” romain me semble très sage : profitons du moment en remerciant le Seigneur de ce don et approuvons l’immense poète quand il disait “Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, las le temps non, mais nous nous en allons et tôt serons étendus sous la lame ; pour ce, aimez-moi, cependant qu’êtes belle” !

Hervé Marie
Invité
Hervé Marie
9 mars 2022 11 h 59 min

Bonjour et bonheur à toi Jean-Marie