Bonjour !
C’est un mot qui nous échappe machinalement par oral ou par écrit. En comprenons-nous le sens en le laissant s’échapper de notre bouche ou de nos doigts ?
A l’époque des films et des livres aux titres colorés (L’herbe bleue, Soleil vert etc) circulait une phrase nous apprenant à relativiser nos certitudes : Viendra le jour où le jour ne viendra pas.
Un proverbe africain circula ensuite en écho à cette citation chère aux hippies : « Le jour éloigné existe mais celui qui ne viendra pas n’existe pas ».
Et Lavilliers de trancher avec le refrain de sa chanson Plus dure sera la chute dans laquelle on entend : « Un soleil noir et lourd qui obscurcit le jour fonce sur ma planète. ».
En ces années-là, on évoquait la fin d’un monde. Mais Ionesco dans sa pièce Le roi se meurt nous fait comprendre qu’il faut toujours se préparer à partir et que quand le monde nous perdra, cela sera ressenti par nous comme la fin du monde.
Cela nous ramène à la fois à l’étymologie du mot Bonjour et à un thème déjà abordé : rien n’est dû, tout est don. En effet, dans la pensée grecque, chaque jour, tout le monde ne reçoit pas la même part du gâteau de bon-heur, de bon-jour. Se souhaiter bon jour et bon heur revenait à souhaiter la meilleure part du gâteau, de la Moïra, le sort de chaque vie.
Ceci nous incite à accueillir chaque jour nouveau comme un don du ciel. Aucun ne ressemble à un autre, aucun n’est que la suite du précédent. On peut même dire qu’il faut tout miser dans le jour qui vient car comme le disait Sonia Lahsaini : « Un jour j’irai, un jour je ferai, un jour c’est déjà trop loin ».
Revenons alors aux mots de Victor Hugo : Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai ».
Qu’un jour viendra où le jour ne viendra pas pour nous, ce n’est pas de la poésie. Même la théologie nous dit que chaque jour est l’œuvre de la création continuée de Dieu. Dans leur langage, le bouddhisme et le brahmanisme nous disent que ce monde et le rêve de Dieu et que, si ce Dieu se réveillait, le monde cesserait d’exister.
Il ne nous reste à conclure qu’il ne faut jamais remettre au surlendemain le jour qui vient.
Lui seul est le cadeau certain que nous sommes appelés à accueillir, remerciant le ciel le matin pour son don et le soir pour toutes les grâces, tous les bienfaits reçus durant la journée. A nous, rien n’est dû, tout est don. Envers Dieu il en va de même. Rendre grâce pour chaque jour matin et soir est un don qu’il ne faut pas omettre faire remonter vers lui.
Merci pour ce partage intéressant et utile : le “carpe diem” romain me semble très sage : profitons du moment en remerciant le Seigneur de ce don et approuvons l’immense poète quand il disait “Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, las le temps non, mais nous nous en allons et tôt serons étendus sous la lame ; pour ce, aimez-moi, cependant qu’êtes belle” !
Bonjour et bonheur à toi Jean-Marie