Matin de la Saint-Martin – Christian Satgé

Quand l’été se dévêt aux nues Et ne fait plus qu’obole de sa lumière, Quand les branches se mettent à nue, Il est temps de s’offrir, en notre chaumière, L’un à l’autre dans un regard Et puis, l’autre à l’une, dans un simple sourire, De s’aimer avec quelque égard, De s’occocouler, de se chérir et … Lire plus

La traversée de la nuit – Christian Satgé

Fatiguée comme peau de tambour,Alors que, jà, s’obscurcit la brune,Au mât de ce clocher, fière hune,S’aparresse Madame la lune,Vigie du bateau qu’est notre bourg. Sur l’horizon et ses faubourgs,Les constellations, une à une,Dessinent de mystiques runes,Dessus des monts devenus des dunesGrâce aux ombres et à leur labour. Loin de Marseille et de Cabourg,Pour qui n’a … Lire plus

Mare à l’amarre – Christian Satgé

Un étang a jeté l’ancre auprès de ma maison Amarré au saule pleurant toutes ses feuilles  Qui pleuvent leurs peines jusqu’à la déraison, Toujours, quoi que l’on en dise ou que l’on en veuille. Noyées dans les vapeurs de nos matins d’été, À corps perdu dans l’eau de là, elles se jettent, Étranglées par les … Lire plus

Entre les murs du silence- Fattoum Abidi

  Entre les murs du silence Se bousculent les idées, S’embrassent les pensées, Le soleil narre ses sentences nocturnes.   L’écriture prend sa plume, L’absence de l’internet fait la une, La nostalgie d’une vie interactive Ronge ses ongles solitaires.   Entre les murs du silence La lumière chevauche, Les ténèbres s’esquintent, À huis clos la … Lire plus

Silence – Pascal Serrano

Silence… Ce soir, le silence est impossible. la lumière cède sa place à l’obscurité. Ce soir, ils sont tous débusqués. Ombres sur ombres; Des êtres anciens charrient les maux du festin. Ils s’étonnent et entonnent la même litanie, jusqu’au petit matin. Ce soir, le silence se défait. Ces soir, le silence se tait. Ce soir, … Lire plus

Ecoute ! – stefane

Écoute ! Le bruit de l’eau dormante, Écoute ! le vol de la chouette, Écoute ! le poisson dormant. Ne dis rien ! Écoute seulement ! Le bruit du silence, Entends-tu ? Il est ici, l’entends-tu ? Ici, sans nous, vit le silence, Il est en fuite, Il n’aime pas le bruit. Écoute ! le … Lire plus

Un des sens – Anne Cailloux

Mon très chair   Du fait de votre manuscrit se manifeste de troubles pensées vespérales m’offrant sur un lit de mots le corps de votre texte que je dévorerai avec volupté vous effleurez ainsi, ma chasteté de vos prémisses.   Offrez-moi votre poésie des sens Offrez-moi l’indécence de votre prose j’effleurerai ainsi votre inconscience de … Lire plus

Voués aux sables de l’oubli – Christian Satgé

Petite fantasia targuie   La fièvre du rêve m’offre le mirage De sons venus d’ailleurs et, là, sans partageLe pas lent et si digne de ma plume, un peuChameau, se met en branle, ses couplets aligneEn longue caravane de vains mots se peut.Elle avance sans tirer par trop à la ligne.   Seule et silencieuse, … Lire plus

L’ancien – Christian Satgé

Presque enterrée dans un de mes trous de mémoire, Ton image peine à encore m’appartenir. Dans cet océan sans ténèbres, les trois moires Répandent sans fin la nuit dans mes souvenirs. L’ombre de l’oubli est un des pires déboires Que puisse connaître ma vie qui va jaunir À force d’autres jours : mon passé est … Lire plus

Le matin du monde – Laurence de Koninck

Le désert bercé au soleil du matin redonne vie à son infinie beauté Les dunes alanguies prêtent le flanc aux caresses de ses rayons La chaleur naissante enveloppe leurs formes sensuelles d’un voile Le silence irradie, note juste sur grain de peau irisé La ligne d’horizon fine vibre dans un flou onirique Elle trace sa … Lire plus

Sans nous – Anne Marie

Et le soleil se lève Dans un doux silence Où personne ne crève Ce lourd horizon rance ;   Souffle l’alizée triste Dans un décor de bistre Baigné d’une atmosphère Aussi lourde que le fer,   Puis se perd au lointain Dans un mutisme serein Que rien ne peut plus troubler Sinon les vents enlacés.   … Lire plus

Les cloches et le clochard – Christian Satgé

Petite fable affable Un jeune oiseau de nuit et un vieux rat de cave,Copains comme cochons moins pour les choses gravesQue pour les légères, couraient la nuit durant,Et dès qu’elle tombait, faire bamboche et bombancePour oublier l’ennui, leur malheur récurrent,Non les ennuis qui les épargnaient, par chance.Pour ces deux compères, pas amis à demi Les … Lire plus