Regarde-moi – Ghislain Reynaud

Tu te coiffais la frange, jouais du coton-tige,

Que la femme est étrange en son corps callipyge,

Tu fardais tes paupières,

Et je te regardais peaufiner ta beauté

Appuyé que j’étais sur le mur d’à coté,

Oui, sur le mur en pierre.

 

Regarde-moi, regarde-moi

 

C’est en contre-plongée, un peu comme un tribun,

Que devant la psyché de la salle de bain

Tu mirais ton allure.

Mais le reflet faussé que tu voyais, alors

Que j’étais adossé devant le corridor,

Cachait ta chevelure.

 

Que tu te trouvas belle, je n’en suis pas si sûr,

Pourtant tu l’étais bel et bien je te l’assure,

Mais pas dans ce miroir…

Moi, je te contemplais et j’étais ton apôtre :

On aime son reflet dans le regard de l’autre

Sans s’en apercevoir.

 

Ghislain Reynaud

Ghislain Reynaud (1)

Ecrire a toujours été pour moi un exutoire...

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