. Je voudrais devenir vieux pour pouvoir dire à de jeunes conquistadors d’un monde nouveau de quelques siècles, que j’ai connu des cafetiers en colère à MARSEILLE , contraints d’avoir à baisser leur grille et le pantalon. Je ne suis pas prêt à devenir vieux, car embarqué sur un mot j’ai accompli de délicieux voyages, ceux qui forment la jeunesse alors que l’immobilisme vous déforme jusqu’à votre vieillesse. Rester, c’est vivre mais voyager, c’est exister. J’ai failli devenir vieux en lisant ce que les gens pensaient du monde dans lequel ils se sont enfermés. Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. Je vous ai invité à la tourner, pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? Je serais vieux et mon avenir serait derrière moi en suivant les conseils des censeurs et des dames de petites vertu. Ils ignoraient que l’Homme est fait de ce qu’il a lu et bu. Quand on est un sage, on a du savoir boire et des verres pour pouvoir lire. Encore faut-il ne pas les avoir ”dans le nez” mais dessus. J’aurais tant aimé devenir assez vieux et fringuant, pour qu’au retour d’une nuit vagabonde, je croise l’ami, celui qui vient au bon moment avec son pain et ses croissants, et lui chanter :” il est cinq heures PARIS s’éveille, tais-toi MARSEILLE, tu cries trop fort ”… Moi je n’ai pas sommeil. Je serais devenu vieux quand mes bras seront trop courts pour tenir éloigner de mes yeux la prescription de ce médecin. Au fil du temps, je n’ose lui dire qu’il écrit de plus en plus de façon illisible et que j’ai beaucoup de peine à allonger mes bras. Arthrose dites vous ?…non ! Les ans en sont la cause . Quand je serai devenu vieux, je serai insupportable, tous mes amis seront partis, les uns après les autres, sans un ”au revoir ”ni même un signe d’adieu. Ils me quitteront et moi, seul, tout seul, je les verrai disparaître sans se retourner… comme ça ils ne sauront pas qui les a poussés. Vieux, je le deviens et pas la peine d’être Jeremy pour savoir le sort qui m’est promis. L’Obsolescence programmée vise à me remplacer, E.H.P.A.D. ou Cimetière, difficile de faire un choix, boire ou conduire, serait plus dans mes cordes, surtout quand Jules est au violon et Léon à l’accordéon. J’aurais voulu devenir vieux sans l’être vraiment, pour me souvenir d’un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, et si en ces temps là, un oranger poussait sur le sol irlandais.(en mémoire d’un RAIMBOURG) un Olivier poussait un Loup masqué à se révéler, car derrière le masque il y avait la plume. ©Philippe X – 21/10/2020 |
lol, tu ne sera jamais vieux Philippe, tu as pas le temps de cela. Tu vis trop à cent à l’heure, alors ne freins pas.. Toujours les bonne questions..
Merci Loup… devenir vieux c’est abandonner. Et tu es loin d’être de cette trempe-là alors continues à nous régaler pour nous permettre de voyager avec tes mots car comme tu le dis si bien : Rester, c’est vivre mais voyager, c’est exister. Amicalement…
Bonsoir Philippe,
Devenir vieux, c’est tout un art !
J’adore votre chronique poétique…
Merci de partager avec nous votre talent de conteur.
Amitiés
Chantal