Nos deux porte-drapeaux : à l’André, à L’Aimé – Arnaud Mattei

 

A ceux de quatorze, ceux de quarante,                   

A ceux qui connurent l’épouvante,               

A ceux d’Algérie, ceux d’Indochine,             

A ceux qui durent courber l’échine,              

A ceux du monument du souvenir,              

A ceux morts, sang donné à l’avenir,                       

A ceux qui combattirent les barbares           ,          

A l’André, à l’Aimé, nos porte-étendards,                

D’un drapeau aux larmes guerrières,                      

D’un tricolore aux armes meurtrières.                      

                       

A ceux qui durent au tocsin partirent ,          

A ceux qui jamais ne purent en revenir,                  

A ceux qui firent simplement leur devoir,                 

A ceux qui moururent loin de leur terroir,                

A ceux qui par l’exode imposée durent fuir,            

A ceux qui forcés, à l’occupation se soumirent,                  

A ceux qui dans la résistance virent l’espoir,                       

A l’André, à l’Aimé, nos porte-étendards,                

D’un passé aux douleurs façonnant demain,                       

De ce présent teinté aux couleurs de l’incertain.                 

                       

A ceux qui en courage, combattirent l’infamie,                    

A ceux qui partirent défendre la mère patrie,                      

A ceux qui soutinrent fièrement la liberté,                

A ceux qui pleurèrent leurs frères tombés,              

A l’enfant arraché aux bras de sa mère,                  

A l’enfant privé de la force de son père,                  

A l’enfant pour connaître notre histoire,                   

A l’André, à l’Aimé, nos porte-étendards,                

D’un roman national remis en cause,                      

D’une époque coloniale qui indispose.                    

                       

Revisiter son histoire pour savoir apaiser,               

Réécrire son passé sans avoir à se renier,             

Est-ce devoir au regard des erreurs passées ?                  

Est-ce réponse face aux tensions exacerbées ?                

Cette repentance deviendra-t-elle culpabilisme ?               

Je ne sais. Mais faire l’éloge de son humanisme,               

Est affirmer la France dans ces valeurs héritées                

De tous ceux qui sous la grenaille sont tombés,                 

De ces aînés dans chaque village, immortalisés,               

De nos porte-drapeaux, de l’André, de l’Aimé.

 

Arnaud Mattei, le 24 Janvier 2021               

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Arnaud Mattei

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Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores.
Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire, pour la joie de les partager.
Des quelques poésies de mon adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies, d’un diplôme jadis gagné à un concours à mes presque soixante ans, il se sera passé un long moment de silence, une absence que le vide du temps ne saurait combler. Je crois avoir fait de ma vie, une vie simple et belle avec ceux que j’aime. Pendant ces quelques décennies, les mots sont restés au plus profond de moi.
Aurai-je la force de les dire, saurai-je être persévérant pour les écrire ? Et vous, les écouterez-vous ? Peut-être aujourd’hui, peut-être demain, peut-être maintenant, qui sait….

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4 Commentaires
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Lucienne Maville-Anku
Membre
9 février 2021 10 h 37 min

Je dis “Hommages”
Sur des milliers
Et des milliers de pages
“Hommages”
Pour eux en letters de feu

Et… “Dommage”

Merci, Arnaud, pour ce strident rappel qui éveille et réveille…
Et ne peut laisser indifférents

Alain Salvador
Membre
7 février 2021 13 h 06 min

Un texte qui amène à la réflexion, qui remet beaucoup de choses à leur place , la défense de la liberté et de la valeur humaine