Métamorphose
I
Parce que la vie renaît
Dans la rose meurtrie
Dans le jour qui a peur
Quelquefois de la nuit
Parce que le monde rit
Après avoir pleuré
Tout ce qui est possible
Tout ce qu’il est de pleurs
Qui devaient être dits
Pour qu’adviennent les fleurs !
II
O proche paradis
Des printemps qui enfantent
La roseraie de vie
Si la vie est en pente
Justement c’est ce cri
C’est cette douleur lente
De la métamorphose
Qui transforme les choses
Et égare le temps
Pour toute renaissance
Et pour tout élément
Roses multipliées
Dans leurs chemins de croix
Qui se transforment en Bible
Où il n’est qu’un seul roi
Où il n’est qu’un seul guide
C’est l’infini combat
D’un sentiment limpide
C’est l’éternelle foi
En la question lucide :
Comment l’amour se doit
De nous rendre un bonheur
Plus grand que le torride
Que les fleuves géants
Qui fondent sans gémir
Dans le flux de l’instant
Qui nous apporte un choix :
Comment vivre vraiment !
III
Comment l’ombre se noie
De trop de solitude
Et comment le soleil
Saura rendre visible
Tous ce champ de merveilles
Qui frôle l’indicible
Perpétuel tournoi
De toute nuit des temps
Bataille de nos cœurs
Tournés vers la lumière
Qui file en doigts d’argent
Dans tout nouvel éclair
Tout rayon qui se donne
A nos vues qui les boivent
Comme un besoin d’éther
Un désir d’altitude
Cette terre s’évade
A présent que le ciel
Encercle de son voile
L’union toujours possible
De l’homme et des étoiles
IV
Rien n’est jamais aride
Tout peut vivre sans mal
Ou ressurgir des flammes
En oiseau lumineux
Malgré le temps nomade
Qui nous est si précieux
V
Nous saurons, peu à peu
Nous ancrer dans la rade
D’un univers heureux
Vaste comme nos âmes
Lorsque tant les traverse
Tant, d’un amour semblable
Qui crée comme une averse
Faisant naître la sève
Engendrant d’autres songes
D’autres beautés pareilles
Aux astres magiciens
Bénissant de lueur
La quête rédemptrice
VI
Source de toute enfance
Et de toute croissance
Océan débutant
Le temps d’un âge pieux
Où l’on peut croire au vent
Qui porte son message
Sa semence instinctive
Parmi tous nos ancrages
Je sais que tu ravives
L’éternité secrète
De toute survivance
Que tu es l’eau qui chante
Dans nos voix qui s’écrient
Un monde de victoire
Dans lequel on se dit :
La vie n’est jamais close
Elle se démultiplie
C’est l’infini des causes
C’est la grande folie
Oui mais dans chaque rose
Chaque aube fait le cri
Nouveau-né du bonheur
Qui revient par centaine
Réveiller dans le cœur
Nos contes chimériques
Nos rêves qui dormaient
Et dont l’élan s’élève
Bien au-delà de nous
Puisqu’une telle sève
Existe un peu en tout